OPÉRATIONS DANS LES BALKANS ET EN TURQUIE
(juillaume à entreprendre, avec ostentation, son expédition des Balkans. Il noua alliance avec le roi Ferdinand de Bulgarie, qui oublia les services énormes, décisifs, que la Russie avait rendus à son pays, et se jeta dans la mêlée contre ses bienfaiteurs, contre les \lliés.
Le héros de la Dunajec, Mackensen, fut mis à la lête de Texpédition des Balkans. En même temps, l'on annonça la formation d'une autre armée turcoîllemande, ayant en Asie la mission de marcher contre [es Russes et les Anglais.
Il n'en fallut pas davantage pour enflammer les 3sprits des admirateurs de Guillaume — et il y en ivait encore beaucoup en Allemagne, et ailleurs — : < Quel génie! — disaient-ils — quelle audace, quelle ictivité! » Et déjà ils le voyaient entrant triomphaement à Constantinople, en Egypte, dans les Indes... aisant plus grand qu'Alexandre !
Sans s'émouvoir outre mesure de ce « bluff », les Uliés résolurent de réagir contre les menées orientales le l'Allemagne, plus efficacement que par la regretable expédition des Dardanelles. Un noyau d'armée rOrient fut créé pour faire échec, quand il en serait emps, aux Austro-Allemands flanqués des Turcs et des bulgares. Il fallait à cette armée, en création, une base olide : on choisit Salonique, qui ne tarda pas — aalgré les hésitations de la Grèce — à être occupé par otre division Bailloud, de Gallipoli, et bientôt après >ar de forts contingents auglo-français.
La Grèce était liée à la Serbie par un traité d'alliance ; lie devait son existence, sa prospérité aux grandes >uissances alliées. Elle aurait dû marcher avec elles, vec la Serbie, par loyauté, par reconnaissance. Mais on roi était le beau-frère de l'empereur d'Allemagne fit suivre à son pays une voie d'atermoiements torueux, dangereux, déplorables.
Le maréchal von Mackensen entra en scène, 7 octobre 1915, en faisant traverser le Danube à uûi armée austro-allemande, pour attaquer les Serbes pai le Nord, pendant que les Bulgares prenaient rolTeii; sive par TEst et qu'une armée autrichienne maw chait par la Bosnie et THerzégovine vers le MontÉ négro. ;
Les combats ne tardèrent pas à être très vifs sur toiiii les fronts. Les Serbes, malgré leur infériorité numè rique, résistèrent avec un courage héroïque et fireiK subir d'énormes pertes à leurs ennemis. Ils se replièreiK de vallée en vallée, de position en position, sans perdr» courage, sans cesser de se défendre avec la plus rai^ énergie.
L'armée anglo-française de Salonique était encori trop peu nombreuse pour prendre résolument rofTen^ sive. Notre commandant en chef, le général Sarrail, n* était arrivé que le 12 octobre. Néanmoins, nos troupes furent portées en avant sur le front Lac Doiran-Kfi volak. Il y eut là quelques rencontres, sans grand' importance, avec les Bulgares.
L'aide donnée ainsi par les Alliés n'a pas été suffi santé. Il aurait fallu jeter 300 000 hommes en Serbie. :
Les Alliés étaient-ils, à ce moment-là, capables di faire cet effort? La France ne disposait que de l'armé i Pétain comme réserve. Toutes ses autres troupe i étaient en ligne sur son énorme front.
Que serait-il arrivé, quelques mois plus tard, lors c j la formidable poussée des Allemands sur Verdun, i l'armée Pétain s'était trouvée, à ce moment critiqu- i accrochée en Serbie? La cause des Alliés aurait él i bien compromise.... '
Quoi qu'il en soit, écrasés par le nombre, les Serb( i furent forcés de se replier sur le Monténégro et le i