‹ La guerre de libération, 1914-1918 (volume 2)Chapitre 51 sur 69 · OPERATIONS ITALIENNES — DE MAI A DECEMBRE · texte numérisé non relu

OPERATIONS ITALIENNES — DE MAI A DECEMBRE

Dès le déchaînement de la grande guerre, Tltalie avait manifesté avec fermeté son intention de rester en dehors des hostilités, dont le but n'avait rien de commun avec les bases nettement défensives de la Triple-Alliance. Et son attitude à cet égard avait été si loyale, que la France put dégarnir immédiatement sa frontière des Alpes et utiliser dans le Nord-Est les corps affectés à la défense du Sud-Est, notamment les troupes alpines, qui ne tardèrent pas à s'acquérir une réputation d'entrain et de vaillance des plus glorieuses, des plus justifiées.

L'Italie a rendu ainsi un très grand service à la France, à la cause des Alliés. Bientôt elle se sentit complètement entraînée vers les Alliés, par la justice, la grandeur de leurs revendications, par leurs manifestations au sujet de la libération des peuples opprimés, par ses propres aspirations nationales traditionnelles, au sujet de la délivrance de Trente et de Trieste détenus par l'Autriche.

Après de longs pourparlers avec l'Autriche, elle rompit sa neutralité le 24 mai 1915.

Son armée était sur un pied excellent. Elle avait; largement profité des premiers mois de la guerre pour \ entraîner ses troupes, parachever ses préparatifs, i compléter son armement, refaire son équipement bien \ éprouvé par la campagne de la Tripolitaine, se muniH du matériel exigé par la guerre moderne.... Le comman-i dément suprême était exercé par un chef de haute^j valeur, le général Gadorna, qui jouissait de la confiance ] générale. Le roi marchait vaillamment avec les troupes, ^ désireux de partager leurs fatigues et leurs dangers.

Aussitôt après la déclaration de guerre à TAutriche, ; l'armée italienne prit résolument TofTensive sur toute ' sa frontière, dans les Alpes vers le Trentin, comme \ sur risonzo, vers Trieste. 1

De ces divers côtés, les Autrichiens avaient tracé ; leur frontière de main de maître et avaient su conserver i tous les avantages, toutes les facilités, soit pour se ; défendre, soit pour envahir à nouveau leurs anciennes \ conquêtes de la vallée du Pô. Partout, ils s'étaient J donné l'accès direct sur la plaine italienne, tandis que \ les Italiens devaient se heurter à la montagne, ] trouver de toutes parts des défenses savamment étu- • diées, très fortement organisées, et rencontrer tou- ; jours leur ennemi posté plus haut qu'eux, j

En outre, l'armée italienne allait avoir devant elle, \ dans les rangs autrichiens, beaucoup de Tyroliens, i qui sont de remarquables soldats alpins. Et les Alpes i elles-mêmes étaient un redoutable ennemi, avec leurs ' pentes escarpées, leurs sentiers taillés dans le roc, ! leurs cîmes atteignant souvent 3 000 mètres, avec la ; neige qui les rend impraticables d'octobre à juin. \

Malgré ces difficultés, après de nombreuses luttes \ âpres, acharnées, après avoir creusé dans le roc des \ tranchées dont la longueur totale atteignit 3 000 kilo- | mètres, après avoir hissé leurs canons sur des hauteurs \ qui paraissaient inaccessibles à l'homme, les Italiens i sont parvenus à progresser, peu sans doute, mais par- ; tout, pendant leur campagne d'été de 1915. grâce à la \

l'italie, le japon. 169

aleur de leurs troupes, de leurs admirables bataillons Ipins, de leurs infatigables canonniers... et aussi à la agesse, à Ténergie de leur haut commandement.

Sur risonzo, ils ont occupé presque tout le territoire ompris entre la frontière et la rive droite du fleuve, t même quelques points sur la rive gauche. En Carde, ils ont vaillamment défendu leur frontière; dans 3 Cadore, ils ont conquis le haut Cordevole et la vallée [e Cortiria d'Ampezzo. Dans le Trentin, ils ont progressé dans le val de Lidro, dans la vallée de l'Adige t dans celle de la Brenta.

Sur mer, malgré toutes les facilités données aux mtrichiens par la possession de tous les ports, de outes les rades de là haute Adriatique, de toutes les les de Tarchipel Dalmate, les Autrichiens n'ont pas 'Sé attaquer la flotte italienne.

A la fin de 1915, la situation était satisfaisante sur erre et sur mer, pour nos nouveaux alliés de l'Italie, ui nous avaient rendu le service précieux d'immobiiser près de 800 000 Autrichiens, et des meilleurs,

• l'intervention du japon

Le Japon a observé loyalement, énergiquement, le raité d'alliance qui le lie à la Grande-Bretagne. Dès le ébut de la guerre, il a fait cause commune avec les diiés et son assistance leur a été des plus utiles.

Il est intervenu, les armes à la main, contre les Allemands, dans les premiers mois de la guerre, et les a ioiemment attaqués dans leur dépendance chinoise e Kiaou-Tchéou, qu'il leur a enlevée. Les conséuences de cette opération ont été considérables, car lie a ruiné le prestige des Allemands pn Chine et les

empêchés à temps de réaliser leur projet de troubler Extrême-Orient à l'aide du parti révolutionnaire hinois, prêt à marcher avec eux.

D'un autre côté, la puissante flotte japonaise . i contribué à purger les mers des navires de guerr < allemands, à faire en sorte que la navigation des Allié i puisse se faire partout dans une entière sécurité, sous la réserve des crimes sous-marins. De plus, le l vaisseaux japonais ont rendu des services précieux ei^ convoyant les transports alliés, notamment ceux qu i ont amené les troupes russes sur le front occidental d'Europe.

Enfin, le puissant, persévérant effort industriel éi Japon a été de la plus grande utilité aux Alliés, surtou I aux Russes, pour remédier à la supériorité de prépa i ration de nos ennemis, au point de vue du matériel d { guerre. C'est en grande partie au Japon que la Russi i doit d'avoir été entièrement prête pour mettre en trai: ( les opérations importantes de 1916. Nous allons voi j maintenant ce qui avait pu être fait aussi, à l'égar 1 du matériel de guerre, sur le théâtre de France pen i dant l'année 1915.

TITRE m L'EFFORT FRANCO-ANGLAIS EN 1915

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