‹ La guerre de libération, 1914-1918 (volume 2)Chapitre 54 sur 69 · LES FINANCES — LA NATION — LA MARSEILLAISE · texte numérisé non relu

LES FINANCES — LA NATION — LA MARSEILLAISE

Pour réaliser la production intense du matériel di guerre, pour subvenir à tous les autres besoins <3 j l'armée et de la nation, il a fallu un effort financie ! extraordinaire. Là encore, le pays a été heureux d < trouver un homme d'État éminent d'une haute exp« i rience dans notre ministre des Finances, M. Ribot, qu \ bien secondé par la Banque de France et par la coi t fiance de la nation, a su pendant deux ans et den ( obtenir tous les secours financiers nécessaires poi: 1 parer aux énormes, incessantes dépenses de la guerre \

Les bourses, grandes et petites, se sont vidées gène reusement pour répondre aux appels du ministi relatifs aux versements d'or, aux souscriptions poi; les obligations de la Défense nationale, à « l'Emprur de la victoire »...

A cet égard, comme toujours pendant la longue* terrible guerre, l'attitude de la nation a été admirable Elle n'a cessé de donner les preuves du patriotisme 1 plus élevé, pendant que sur le front, nos soldats s conduisaient avec une intrépidité, un héroïsme, qi

l'effort intérieur en FRANCE ET EN ANGLETERRE. 177

dépassent en grandeur, en beauté, tout ce que notre passé, si glorieux cependant, nous avait légué.

Pour de tels dévouements, de telles vaillances, il fallait un hymne de guerre répondant à la grandeur, à la beauté de l'effort comme à la noblesse du but de notre lutte pour le droit, pour la liberté; un chant aussi vibrant que le cœur de nos soldats, de notre nation.

Ce chant, nous l'avions. C'est notre hymne national, c'est la Marseillaise appelant aux armes les enfants de la patrie et leur montrant l'ennemi :

<c Entendez-vous dans les campagnes Mugir ces féroces soldats?

Ils viennent jusque dans nos bras, Égorger nos fils, nos compagnes.... »

leur faisant voir « les ignobles entraves, les fers dès longtemps préparés », et cependant n'oubliant pas :îu'ils sont Français, qu'ils doivent être généreux :

« Français, en guerriers magnanimes, Portez ou retenez vos coups.... ?>

3uis se terminant par la belle strophe : « Amour 5acré de la patrie. Liberté, liberté chérie... » qui •eflète si bien les sentiments ardents de nos soldats, le notre pays, pour la liberté, comme les aspirations les peuples attendant de nous leur délivrance...

Il était à désirer que l'on mît en relief, pendant les )éripéties de la guerre, la concordance si remarquable les idées exprimées avec tant de force par notre chant lational, avec celles qui animaient si noblement nos rmées, notre peuple tout entier. Le gouvernement 'a compris, en faisant organiser la belle fête de la Marseillaise du 14 juillet 1915, le transfert aux Invaides des restes de l'auteur de notre hymne de guerre, i louget de Tlsle.

! Ce fut comme une superbe évocation de tout le passé

i e notre hymne; son apparition à Strasbourg, au' milieu

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de Texplosion de patriotisme de 1792; les acclamations de la France sur le passage des volontaires marseillais, qui l'avaient adopté comme chant de guerre; et sur toutes nos frontières, nos soldats d'alors entonnant la Marseillaise, aux soirs de leurs batailles, de leurs victoires...

Ce fut — surtout après Téloquent discours du présfi dent de la République, M. Poincaré, qui donna, cj jour-là, comme toujours, la note juste, élevée, éner»* gique — comme une promesse solennelle de dévoua ment, de patriotisme, qui fit frissonner tous les cœuril de France. Et ce n'était pas une émotion passagère^i fugitive. C'était bien le sentiment profond, persévô* rant, viril, d'une grande nation, décidée à tous lea sacrifices pour la défense de sa liberté. t.

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