‹ La guerre de libération, 1914-1918Chapitre 1 sur 50 · CONSÉQUENCES DE VERDUN SUR LA SITUATION DES BELLIGÉRANTS EN JUIN · texte numérisé non relu

CONSÉQUENCES DE VERDUN SUR LA SITUATION DES BELLIGÉRANTS EN JUIN

L'échec mémorable des Allemands devant Verduq, devant la résistance héroïque, merveilleuse de nos troupes, a eu des conséquences capitales sur la situation des belligérants. Il constitue le tournant le plus important de la grande guerre. Il marque nettement la fin du règne exclusif de Tinitiative allemande, au point de vue de la conception et de la marche des opérations.

Jusque-là toutes les opérations de la guerre avaiept été imposées par le haut comnaandement, le « grand état-major » de nos ennemis. C'est lui qui a voulu Tinvasion de la Belgique, les opérations qui ont amené la bataille de Gharleroi et la bataille ~de la Marne, la guerre de tranchées et les poussées ^e la Picardie, de TArtois, des Flandres.... C'est lui

qui en 1915 a transporté le théâtre principal de la guerre du côté de FOrient, contraignant nos alliés les Russes à combattre depuis la Dunajec jusqu'au Pripet; puis se lançant contre les Serbes dans l'expédition des Balkans.

Ces entreprises tout en ayant été — il est juste de le reconnaître — remarquablement préparées et engagées par le « grand état-major » étaient loin d'avoir entièrement réussi. Aucune d'elles n'était parvenue à atteindre le but principal de toute opération de guerre, la désagrégation des armées ennemies. Elles s'étaient heurtées à des troupes aussi vaillantes que les leurs, à des chefs qui savaient eux aussi manœuvrer et agir. Le résultat était loin d'être complet; et il avait été de la plus haute importance pour le haut commandement allemand de persévérer à troubler ses adversaires au moment où, comme ils en avaient manifesté l'intention à la fin de 1915, ils cherchaient à organiser une offensive générale et à tracer à leur tour la marche de la guerre.

Tout avait été fait au début de 1916 par l'Allemagne pour les entraver, pour conserver l'initiative, pour continuer à imposer sa propre volonté. Ce fut là le but des préparatifs et des efforts formidables de l'armée du « Kronprinz », du prince impérial allemand, vers laquelle appuyèrent toutes les réserves de TEmpire, contre nos troupes de Verdun.

Cette opération fut comme les précédentes remarquablement organisée par le « grand état-major ». Tout avait été prévu, étudié à fond pour les assauts de l'infanterie comme pour les bombardements de l'artillerie. Mais, comme nous lavons vu dans les

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