‹ La guerre de libération, 1914-1918Chapitre 10 sur 50 · L'OFFENSIVE ITALIENNE · texte numérisé non relu

L'OFFENSIVE ITALIENNE

Il louvoyait, suivait la marche des événements, et tantôt bravait les remontrances des représentants des puissances alliées, tantôt avait l'air de s'y soumettre. C'était pour nous un véritable ennemi, placé dans le dos de nos armées de Salonique, quoique le plus grand nombre des populations grecques fût nettement partisan des Alliés et outré de l'attitude du roi. Cette indignation se traduisit par une grande insurrection, dont le siège s'installa à Salonique, et à laquelle se joignirent l'ancien président du conseil Venizelos, plusieurs généraux, de nombreux officiers et soldats.

Le roi Constantin n'en continua pas moins à masser ses troupes en Thessalie, en arrière de notre gauche; c'était un gros danger pour les armées du général Sarrail.

L'offensive de ces armées n'en commence pas moins dès le mois de septembre 1916. Les Anglais font des progrès sur la Strouma; les Serbes au nord du lac d'Ostrovo, les Franco-Russes vers Florina. Le 16 septembre, les Serbes battent les Bulgares, leur prennent 36 canons et les refoulent au delà de la rivière Brod; puis, ils poursuivent leur avance dans la montagne, pendant que, sur leur gauche, les Franco-Russes enlèvent Florina le 18.

L'avance des Serbes continue en octobre; ils envahissent, pour le délivrer, leur propre territoire. Leur prince l'annonce, dans son communiqué, d'une façon touchante : « La Serbie libérée mesure maintenant 230 kilomètres carrés, avec 7 villages et 45 kilomètres de frontières. » Depuis, ses vaillantes troupes ont réalisé de nouveaux progrès vers Monastir, dans la boucle de la Cerna, malgré le

mauvais temps, avec Tappui de leurs voisins de gauche, les Français. Le 25 octobre, notre cavalerie est entrée en liaison, vers Koritza, avec les troupes italiennes, venant de Valona par l'Albanie. Sur la rive gauche de la Strouma, les Anglais avaient également progressé et enlevé la ville de Barackli.

Le temps, devenu très mauvais, empêche toute opération au début de novembre. Vers le 10, Toffensive serbe reprend vaillamment, vigoureusement. Ils avancent dans le massif de Kuck, enlèvent le village dTven et progressent dans la boucle de la Cerna pour déborder les lignes germano-bulgares, pendant que les troupes franco-russes, soutenues à l'Ouest par les Italiens, abordent ces lignes de front. Nos ennemis reculent et finissent par évacuer Monastir, qui est occupé par nos soldats le 19 novembre 1916.

Nos adversaires font tète à quelques kilomètres au nord de la ville et se défendent vigoureusement. Il se livra encore de ce côté de violents combats, soit que nous attaquions, soit que nous repoussions les attaques germano-bulgares; mais le mauvais temps intervint. Et TofTensive cessa sur ce front comme sur tous les autres, pendant que les événements se précipitaient en Roumanie et demandaient à être surveillés avec d'autant plus de soin, à Salonique, qu'en raison des dispositions hostiles du roi de Grèce, ils pouvaient avoir de graves répercussions sur ce théâtre d'opérations.

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