MANŒUVRES ALLEMANDES POUR LA PAIX
' Au cours de cette période d'accalmie, l'Allemagne continua à s'agiter fiévreusement pour la paix.-Elle essaya de faire prôner la paix par le Président des États-Unis, M. Wilson, et de lui faire déclarer, que « la guerre pourrait finir sans vainqueurs ». Mais l'inutilité de ces démarches ne tarda pas à être démontrée par le ton ferme, net, de la note collective des Alliés, au sujet de « leurs buts de guerre ». La presse et le gouvernement de Berlin se lancèrent alors dans une série de « blutfs » et de rodomontades, destinés à impressionner au moins les neutres. Tout en faisant grand tapage de quelques agressions, sans portée, sur plusieurs points des fronts alliés, ils firent! courir les bruits de grandes offensives en préparation contre la Russie, contre l'Italie, et même contre la France par la Suisse ; sans cesser cependant de faire proclamer combien leur horreur de la guerre était sincère, combien leur affection pour l'empereur Guillaume avait augmenté, depuis qu'il était redevenu a l'empereur de la Paix ». Mais
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ces protestations n'eurent pas plus de succès que les menaces. On se souvenait trop de Tenthousiasme de tous les Allemands, quand, sans sourciller, l'empereur Guillaume avait déchaîné les calamités de la guerre, quand il se complaisait dans son rôle d'Attila, quand il encourageait les crimes, les atrocités de ses troupes en Belgique et ailleurs.
Alors, le l^"" février 1917, ils lancèrent leur menace suprême, l'intensification de la guerre sous-marine; le blocus des côtes de l'Angleterre, de la France, de l'Italie par les sous-marins; la décision de couler, sans avertissement, tous les bâtiments, même des neutres, rencontrés à moins de vingt milles des côtes bloquées.... Le peuple allemand applaudit, convaincu que l'Angleterre ne tarderait pas à être alTamée, heureux de trouver de quoi satisfaire sa « Schadenfreude », sa joie de nuire, son goût pour les atrocités.
La menace sous-marine souleva des protestations chez la plupart des neutres. Aux Etats-Unis d'Amérique, elle amena une rupture complète. Le Président Wilson rappela immédiatement son ambassadeur de Berlin.
Le gouvernement allemand n'en mit pas moins son projet à exécution. Et en même temps, il activa la reconstitution de ses troupes de réserve, en remplaçant par des troupes neuves, sur les fronts les moins exposés, certains régiments bien aguerris, dont il se servit pour constituer des divisions de renfort solides, aptes à être jetées sur l'un ou l'autre des théâtres d'opérations.
Le nombre des soldats disponibles augmenta, par suite de la « levée en masse civile », et aussi du
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rv rutement implanté de force en Pologne et fourlissant des hommes, non pas pour les légions pololaises, mais pour les régiments prussiens.
La fabrication du matériel de guerre fut intensifiée, perfectionnée surtout pour les avions, dont m ne tarda pas à constater les progrès. Quant aux :eppelins, on essaya de les remettre en scène, vers a fin de mars 1917, par une expédition nocturne en Angleterre. Mais cette rentrée ne fut pas heureuse. Vprès s'être montrés inutilement sur les côtes mglaises, plusieurs des monstrueux dirigeables" se 'Ont égarés en France; l'un d'eux a été abattu à ^.ompiègne.
Vers la fin de l'hiver, les précautions, les espéances de l'Allemagne étaient tournées vers la ;uerre sous-marine et vers les plans de Hindenburg ;t de son lieutenant Ludendorff « qui devaient imener des événements extraordinaires ». Les évélements eurent lieu, tout en ayant au début un sens lifférent de celui qu'avait rêvé l'Allemagne.