IV. — Artillerie
Les canons ont joué un rôle considérable pendant la guerre; et nos armées n'ont eu qu'à se louer des hautes qualités, de l'habileté, de l'intelligence, de l'intrépidité héroïque de notre arme de l'artillerie.
C'est une des forces incontestables de notre pays; c'est une arme de tout premier ordre, qui a toujours été considérée comme la première artillerie du monde.
Elle vient de prouver une nouvelle fois sa grande valeur par les hauts faits de ses batteries de campagne et de son merveilleux enfant, le canon de 75, comme pour le soin, la rapidité avec lesquels elle a formé, instruit, pendant la guerre même, ses batteries lourdes de nouvelle création, qui ont su rendre immédiatement de si importants services.
Les qualités de cette arme si remarquable, si bien faite pour agir de concert avec notre héroïque
(fanterie, sont dues à ses vieilles, excellentes aditions, dont Napoléon faisait si grand cas, et ZURLINDEN. — II. 15
aussi au recrutement par TÉcole Polytechnique d'une grande partie de ses officiers.
Il est dans l'intérêt du pays, non seulement de maintenir la haute valeur de notre artillerie, mais encore de la perfectionner, en lui redonnant la tête, la haute direction de l'arme, qu'on a eu le tort de supprimer.
Dans les temps passés, quand l'artillerie était cependant loin d'avoir l'importance qu'elle a acquise aujourd'hui, elle avait à sa tête un grand-maître, chargé de veiller à maintenir l'équilibre, l'harmonie entre les nombreuses branches de services : artillerie de campagne, artillerie de siège et de place, artillerie de côte, fabrications de l'artillerie....
Plus tard, ce rôle fut rempli par le premier Inspecteur de l'arme, puis par le Président du Comité de l'artillerie.
Le Comité de l'artillerie a été supprimé, dix ans avant la guerre. On y a substitué des inspecteurs permanents des diverses branches de services. Mais on a oublié la tête de l'arme, le grand chef, le cerveau planant au-dessus de l'ensemble des services, veillant à faire concorder les efforts des différentes ramifications de l'arme, orientant, utilisant, au mieux les capacités, les talents des officiers, songeant constamment à la préparation de l'arme à la guerre pour le personnel, comme pour le matériel, et au maintien de la haute valeur et de la belle réputation de notre artillerie.
C'est une institution à rétablir dans l'intérêt de l'arme comme dans l'intérêt du pays.