‹ La guerre de Russie [microforme]Chapitre 32 sur 39 · UN COSAQUE BIENFAISANT · texte numérisé non relu

UN COSAQUE BIENFAISANT

OMBIEN de temps suis-je resté là, étendu sur ia terre glacée, perdant mon sang par vingt blesdéni sures ?

Je l’ignore, mais jugez de mon étonnement lorsque, revenant à moi, je me vois au milieu d’une cabane bien chauffée, couché sur un bon lit. Chose plus surprenante : un cosaque, grand et bel homme à la longue barbe noire, se tient près de moi et cherche à me consoler. Sa voix est douce et le français qu’il parle, sans être tout à fait correct, est très-compréhensible. Voici ce qu’il me raconte :

A la vue des cavaliers, les paysans avaient cessé de me maltraiter et la femme qui devait m’arroser d’eau bouillante avait pris la fuite. Au grand étonnement de mes bourreaux, les cosaques les critiquèrent vivement et les menacèrent même de leurs lances, disant que les soldats étrangers devaient être conduits en Sibérie, mais que nul n’avait le droit de les tuer ni même de les maltraiter.

Les “raves militaires nous avaient portés, mon ami et moi, dans l’habitation a plus proche, et, malgré les murmures du fermier et de sa femme, ils se airent à laver nos plaies et à nous frictionner avec ds tampons de laine. Ils s’aperçurent bientôt que le pauvre caporal avait cessé de vivre. . lus robuste que lui, j’avais résisté à tant de misères et de tortures.

Je cosaque me disait tout cela en me serrant la main, se levant de emps en temps pour fermer la porte que les Russes semblaient, dans leurs ncessantes allées et venues, ouvrir à plaisir pour m’exposer aux courants d’air. \

— Les sauvages! s’écria-t-il; si je m'en allais, ils vous auraient bientôt massacré. Mais, soyez tranquille, je ne vous abandonnerai pas. Pauvre homme, que de souffrances il a fallu pour vous mettre dans cet état!

Et il était tout ému en parlant ainsi.

— Je ne souffrirai plus longtemps, répondis-je ; dans quelques heures . j'aurai rejoint mon pauvre camarade.

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