‹ La guerre de sécession, 1861-1865Chapitre 19 sur 23 · CONQUÊTE DU TENNESSEE · texte numérisé non relu

CONQUÊTE DU TENNESSEE

décisive et se voit forcé d'évacuer, presque sans combat, son camp retranché, la préoccupation constante de sa vie.

Bien conseillé par Garfield, son chef d'état-major, Rosecrans menace bruyamment la gauche et le centre ennemis, marche en forces sur sa droite, la tourne et Toblige à reculer vers Ghattanooga. Cette suite de manœuvres, du 26 juin au 4 juillet, conduite avec précision et vigueur, au travers d'une pluie battante, fait honneur à Tétat-major fédéral. Le Nord ne perdit, dans ces combats de détail, qu'environ 600 hommes; les Confédérés, fort inférieurs en nombre, il est vrai, laissaient aux mains de l'assaillant, 1600 prisonniers, six canons et d'importants approvisionnements.

Bragg reprend son travail de Pénélope et sème d'obstacles les environs de Ghattanooga ainsi que la rive méridionale du Tennessee ; démoralisés par un premier échec, ses soldats n'ont en leur chef aucune confiance. Pendant qu'il s'absorbe dans les détails, Rosecrans franchit à son tour les défilés du Cumberland, où Ton pouvait aisément l'arrêter. Le front de l'armée fédérale s'étendait de l'entrée delà vallée delaSequatchie (Tennessee oriental) à Athens (Alabama), menaçant la rivière de Whitesburg àBlithe's Ferry, sur une longueur de 150 milles. Pendant la fin d'août et les premiers jours de septembre, le général confédéré n'essaie pas de profiter de sa position centrale pour se jeter sur l'un ou l'autre des corps ennemis aventurés à de pareilles distances ; ils passent paisiblement le Tennessee, convergeant au Sud de Ghattanooga, s'emparent des hauteurs dominant la ville et s'aperçoivent, à leur grand étonnement, que l'ennemi vient de se retirer en Géorgie (9 septembre 1863). Braxton Bragg n'a rien fait pour contrarier ces opérations délicates.

Il n'est pourtant pas incapable, comme on Ten accuse hautement ; il a vu .la faute de son adversaire, essayé d*en tirer parti ; ses soldats, qui ne sont plus, dans sa main, marchent mollement; ses chefs de corps Texècrent et, dit-il, lui désobéissent, Hardee et Hill notamment. Après Ghickamauga, il se plaindra aussi de Polk ; au milieu de ces tiraillements, les meilleures inspirations restent stériles, Toccasion s'enfuit, et, quand on arrive au point indiqué, il est trop tard. Bref, Chattanooga est abandonnée et cette nouvelle retraite porte au comble la démoralisation des troupes séparatistes.

Rosecrans a fait une riche prise. «Cette petite ville, « située à l'extrémité sud-est du Tennessee, sur les « confins de trois autres Etats, TAlabama, la Géorgie « et la Caroline du Nord, occupe à peu près le centre « géométrique de tout le groupe oriental des Etats à « esclaves et c'est dans les environs immédiats que se ((• trouve le point de jonction des principaux chemins « de fer du Sud, rayonnant vers tous les points de (j rhorizon : au Nord-Est, vers Richmond ; au Sud- « Est, vers Charleston et Savannah; au Sud-Ouest, vers « Mobile et Vicksburg ; vers Memphis, dans la direc- « tion de l'Ouest. La région de Chattanooga peut être « considérée comme la gare centrale de tous les Etats « du Sud. La possession de ce point est donc d'une « importance capitale pour Tune ou l'autre des ar- « mées belligérantes. Il est, relativement au grand « chemin transversal qui va de Richmond à Mobile, « ce que la forteresse de Vicksburg était relativement au Mississipi. » (Elisée Reclus.)

Outre les avantages de sa position stratégique, Chattanooga avait encore de grandes ressources minières, et approvisionnait de salpêtre tous les arsenaux de la jéorgie. Il fallait évidemment que le manque d'hom-

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mes fût bien grand pour contraindre les Confédérés à d'aussi douloureux sacrifices. La pénurie du personnel se fit sentir sur une autre partie du théâtre de la guerre. Dans le Tennessee oriental, Burnside ayant, par une série d'opérations bien entendues, forcé Buckner à la retraite, franchissait le Gumberland-Gap et s'avançait au delà de Knoxville.

Cette rapide succession d'avantages exalte, au plus haut point, la confiance de Rosecrans; il en arrive à dédaigner l'ennemi, deux fois contraint à la retraite sans combat. Il s'avance, dans la région montagneuse de la Géorgie, avec une crânerie frisant l'outrecuidance. A un moment donné, ses corps sont à trois jours de marche les uns des autres. Halleck, cependant, multiplie les conseils de prudence ; le général Poster, commandant à Fort-Monroë, lui a télégraphié que, jour et nuit, les trains se succèdent, sans intervalle, sur le Richmond- Petersburg Rail-Road (12 septembre 1863). Georges Meade « affirme que l'armée de Lee a été ré- « duite du corps de Longstreet et probablement de quelques régiments d'Ewellet de Hill ».

A cela, Rosecrans répond invariablement qu'il se croit assez fort pour avoir raison de l'ennemi. Halleck, de plus en plus inquiet, ne quitte plus le télégraphe; de tous les points il demande des troupes pour renforcer l'armée du Tennessee ; à Burnside, à Hurlbut, à Sherman, à Grant, à Pope, à Schofield il prescrit d'envoyer sans délai tout le disponible à Chattanooga. Pénétré de l'imminence du péril, ce prévoyant administrateur ne s'arrête pas devant la difficulté de faire vivre les renforts à côté de Rosecrans à peine approvisionné et de Burnside manquant de tout ; dans son esprit, la nécessité de secourir le point^ menacé prime toute autre considération.

260 CHAPITRE XTI.

Halleck voyait juste; tout le monde s'était cotisé pour refaire, à Braxton Bragg, une armée considérable. Buckner rallie avec son corps, Johnston fournit quatre brigades, Robert Lee cinq et, avec elles, Hood, le fougueux divisionnaire, et Longstreet, Valtcr ego, le compagnon fidèle du général en chef. La concentration s'effectua derrière les « Pigeon-Mountains » à Lafayette, à 32 milles de Ghattanooga et à 18 de Dalton, où doivent arriver les troupes de Longstreet. Rosecrans avait si imprudemment éparpillé ses corps d'armée que Bragg pouvait aisément les couper de leurs communications, les battre l'un après Fautre et tomber sur Burnside arrivant de l'Est-Tennessee. C'était un jeu, en comparaison de ce que fit Bonaparte en Italie. Le général Sudiste eut, paraît-il, l'intention de profiter des circonstances ; une fois encore il fut, assure-t-on, mal obéi.

Quoi qu*il en soit, Rosecrans finit par concentrer péniblement ses divisions sur la rive gauche de la Chickamauga où, le 19 septembre au matin, les deux armées se trouvent en présence, Thomas à gauche, Grittenden au centre, Mac-Gook à droite, Gordon Granger en réserve, sur la route de' Rossville. De dix heures du matin à la nuit s'engage une action sanglante, confuse, à peu près sans résultats. Braxton Bragg tâte la gauche ennemie, essayant de la couper de Ghattanooga; ensuite il se jette sur le centre qu'il refoule un instant; mais les réserves rétablissent le combat, Tobscurité suspend la bataille.

Pendant la nuit, le général confédéré divise son armée en deux parties; quatre divisions à Polk, six à Longstreet; le premier chargé d'entretenir l'ennemi, l'autre dé mener l'attaque décisive sur la droite. Hill, dont le quartier général est mécontent, servira en

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sous-ordre. Les dernières brigades de l'armée de Virginie descendront, de wagon à Ringold, à temps pour prendre part à la seconde journée, qui doit commencer au point du jour. Dès l'aube, Polk se met en mesure d'obéir ; il s'aperçoit que l'aile gauche, mal déployée, empiète sur ses positions*; il faut rectifier l'erreur; on perd du temps ; Rosecrans en profite pour resserrer sa ligne. Vers dix heures la lutte commence par une charge à fond sur Thomas. Polk, le général-évêque, s'engage avec une extrême vigueur. Rosecrans envoie des renforts à sa gauche menacée. Longstreet entre en scène ; méthodiquement il aborde la droite fédérale, aperçoit un vide dans sa ligne, l'élargit par des attaques de flanc et coupe l'armée ennemie en deux, rejetant le centre et la droite sur Rossville dans une afi*reuse confusion.

Rosecrans ne s'était pas effrayé outre mesure des débuts fâcheux de la journée; surpris de la fougue inusitée de l'ennemi, et surtout de la pesanteur régulièrement croissante de l'attaque, il ne désespérait pas d'user peu à peu les agresseurs; mais il n'avait plus devant lui les bandes indisciplinées de VanDorn, ni les soldats découragés deChattanooga; BraxtonBragg se doublait de Longstreet; ses troupes, enlevées par le voisinage des vétérans habitués aux grandes luttes, donnaient à plein collier. Quand l'effort battit son plein, le résultat fut presque foudroyant; le torrent des fuyards entraîna tout avec lui vers Chattanooga :

* « Des négligences impardonnables de Polk causèrent dans l'attaque un retard de quatre heures. » Rapport de Braxton Bragg sur la bataille de la Chickamauga. Polk, démonté de son commandement, fut envoyé aux arrêts à Atlanta,

L'enquête prouva que la faute venait du général en chef.

MaC'Cook, Crittenden, le général en chef lui-même, emportés dans la cohue. Garfield, le chef d'état-major, parvint à gagner la gauche fédérale.

Thomas va maintenant avoir sur les bras toute Tarmée ennemie ; pendant la nuit , il s'est habilement couvert de retranchements. Adossant ses deux ailes aux premiers contreforts duMissionary-Ridge,ilforme ses divisions en croissant et soutient, sans être entamé, le choc des Confédérés. Vers trois heures et demie, Longstreet, poursuivant ses avantages, découvre, dans la chaîne des hauteurs, le col où passe Tunique voie de retraite des Fédéraux; il y engage ses colonnes d'attaque ; s'il réussit, Thomas, qui résiste à grand'peine, devra mettre bas les armes. Le sort est pour les Fédéraux. Gordon Oranger, venant de Rossville avec les réserves pour sauver ce qui tient encore, comprend la situation du premier coup d'oeil. Il n'a sous la main que des cavaliers; il les jette sur l'ennemi; cela fera toujours gagner un peu de temps. Quelques pièces de canon arrivent, il les met en batterie ; quand les Confédérés débouchent ils sont reçus par une 'volée de mitraille; tout l'héroïsme des assaillants se brise contre un obstacle insurmontable. Une heure de plus et Thomas était pris avec tout son corps.

La bataille finit avec le jour. Sentant les Fédéraux à bout de résistance, Longstreet et Polk voulaient profiter d'un magnifique clair de lune pour achever la déroute. Braxton Bragg s'y refusa, redoutant les dangers d'une action de nuit. Heureux du répit, Thomas battit en retraite sur Rossville, abandonnant ses morts et ses blessés. La cavalerie Sudiste lui enleva de 400 à 500 prisonniers. Vers minuit, il rencontra Sheridan qui, mis en déroute dans Taprès-midi et coupé de ses communications, faisait un grand détour pour rejoindre ;

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ils s'arrêtèrent à Rossville pendant la journée du 21 et, la nuit suivante, rentrèrent à Chattanooga.

Braxton Bragg" occupa tous les cols des montagnes, mit en batterie ses canons sur les hauteurs dominant le fleuve et les voies ferrées aboutissant à la ville. Un corps de cavalerie franchit le Tennessee, captura, dans la vallée de la Sequatchie, un train d'approvisionnements, et laissa des piquets sur plusieurs points des divers chemins de fer pour intercepter la circulation. Impossible de faire mieux du moment où, faute de pontonnage, on ne pouvait passer la rivière pour opérer en masse sur les derrières de Tennemi; sans investir Chattanooga, cet ensemble de mesures apporta de telles difficultés dans le ravitaillement de la place que, Talimentation des troupes y devint promptement très problématique.

La petite rivière de la Chickamauga (en Indien : rivière de la mort) venait de justifier son nom funèbre. Sur ses bords gisaient près de 25,000 tués ou blessés, bien que Jes documents officiels accusent des chiffres notablement inférieurs : Confédérés, 2,(;00 tués, 6,000 blessés, 2,000 manquants ; Fédéraux, 1800 tués, 9,500 blessés, 5,000 prisonniers. Le Nord laissait en outre, aux mains de l'ennemi 6 canons, 9,000 fusils et des drapeaux.

Rosecrans, complètement découragé dans les premiers jours, ne disputa pas au vainqueur les défilés des Look-out Mountains (monts de la Vigie), du Missionary-Ridge pour s'enfermer dans Chattanooga qu'il fortifia, tout en préparant le passage du Tennessee ; mais il reprit bientôt son assurance, en paroles du moins ; dès le 2 octobre, il essaya de donner le change à l'opinion.

« Armée du Cumberland », dit-il à sfs troupes,

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a VOUS avez fait une grande et heureuse campagne ; « vous avez chassé les rebelles du Tennessee central, « franchissant successivement, en face d*une puissante « armée, trois chaînes de montagnes et une large « rivière. Concentrés en face de l'ennemi, supérieur en « nombre, vous avez combattu l'armée de Bragg, re- « foulée de Shelbyville à TuUahoma, celle de Johnce ston, enfin les vétérans éprouvés de Longstreet; « pendant deux jours, vous les avez tenus en échec, « leur rendant coup pour coup avec usure ; à la nuit « vous gardiez le champ de bataille, que vous avez « évacué en face de forces écrasantes pour occuper « votre objectif, Chattanooga.

v< Vous avez atteint le but de la campagne; vous « tenez la clé du Tennessee Oriental, de la Géorgie « Septentrionale, et des mines de houille et de salpêtre « de vos adversaires. L'arrivée de nombreux renforts « dans le camp opposé vous empêcha de reprendre la « lutte ; les importants avantages obtenus vous conso- « leront d'avoir abandonné le champ de bataille sans « ensevelir vos glorieux morts ni soigner vos braves « compagnons blessés. Vos pertes, quoique lourdes, « paraissent peu de chose quand on considère les « obstacles surmontés et les résultats acquis.

« Vous tenez dans vos mains les fruits essentiels « de la victoire ; vous méritez et recevrez les félicita- « tions de la patrie reconnaissante qui, même à nos « adversaires d'hier, demande uniquement la soumis- « sion à la Constitution et aux lois établies pour le « bonheur de tous ses enfants.

<c Le général commandant prie instamment tout « officier et soldat de s'unir à lui pour rendre grâces au « Tout-Puissant de ses faveurs pour notre cause. Il

"emercie, de tout cœur, les officiers et soldats, en les

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« félicitant de l'énergie, la patience, la ténacité, l*iné- « branlable résolution, l'indomptable courage déployés « par eux dans les dernières journées.

« Ni dans l'histoire de cette guerre, ni probablement « dans le récit d'aucune bataille, on ne trouvera plus « beau trait de valeur obstinée, de résistance indomp- « table à un adversaire plus nombreux, que l'exemple « donné par notre gauche et notre centre quand, ayant « épuisé leurs munitions, ils abordèrent l'ennemi à la « baïonnette, dans l'après-midi du 20 septembre, à la (( bataille de Ghickamauga. »

« W. S. RosECRANs, major général, commandant. »

Garfield n'a pas contresigné ce chef-d'œuvre d'aplomb ; son robuste bon sens paraît s*être insurgé devant cette gasconnade, qui ne fit illusion à personne. Pour trouver l'équivalent, il faut s'adresser à Hooker, après Chancellorsville.

Lincoln ne semble pas non plus s'être laissé prendre à la phraséologie du vaincu qui, parmi les « résultats essentiels de la victoire » compte sans doute les canons, les drapeaux, les prisonniers restés aux mains des Confédérés, l'armée investie dans Chattanooga, et si bien menacée d'y mourir de faim que Thomas écrit au ministre de la guerre : « Je tiendrai tant que j'aurai un <« morceau de pain. » Halleck, de son côté, apprécie nettement la situation, car il prend d'énergiques mesures pour réparer le désastre. A chacun selon ses œuvres tout d'abord. Mac-Cook,Crittenden, si chaudement loués par Rosecrans, furent ce relevés et envoyés (( à Ciiïcinnati, attendre de nouveaux ordres » ; leurs corps d'armée, « consolidés en un seul », passèrent sous le commandement d'un autre général. Thomas

fut mis à la iéte de Tarmée de Cumberland, en remplacement de Rosecrans, envoyé dans le Missouri ; Sherman prit le département du Tennessee ; Burnside garda Tannée de TOhio ; deux corps de Tarmée du Potomac, soit 23,000 hommes, furent envoyés, par chemin de fer, de Stevenson (Virginie) à Bridgeport (Alabama), (23 septembre 1863). Hooker les commandait, avecButterfield pour chef d'état- major.

L'ensemble fut mis sous les ordres de Grant, qui. se rétablissait, à la Nouvelle-Orléans, des fatigues de Vicksburg et des suites d'une chute de cheval (18 octobre 1863). Comme entrée au jeu, on doublait l'armée battue. Hooker aborda Tennemi le premier; franchissant le Tennessee à Bridgeport, il fît sa jonction avec une division de Thomas, nettoya d'ennemis le pays au sud de la rivière jusqu'à la base du mont Look-out.Longstreet, sans engager une action sérieuse, échoua en essayant de le rejeter loin delà place, échec soigneusement dissimulé par les Confédérés (27-28-29 octobre 1863). La navigation rétablie, 200,000 rations arrivèrent immédiatement à Chattanooga ; c'était la bienvenue offerte à ses troupes par le général Grant, arrivé depuis quelques jours. Ce résultat important fut atteint presque sans coup férir; les Séparatistes, n'osant dégarnir leur front, avaient opposé très peu de résis tance. Faute de pouvoir pousser à fond leur victoire de la Chickamauga, ils allaient successivement en perdre tous les avantages.

Jefferson Davis était venu enflammer, par sa présence, le courage des soldats. Du haut du Look-out (600 mètres), on lui montra les Fédéraux autour de Chattanooga ; il jugea leur position désespérée ; il ne restait plus, dit-il, qu'à leur couper la route des hautes vallées du Tennessee. Longstreet fut chargé de cette

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