LES CONFÉDÉRÉS REPASSENT LE RHIN
tantôt à l’arrière-garde, le prince portait son attention et ses soins sur tous les points ; il fut averti à 9 heures du matin que l'artillerie et toutes les troupes, à l’arrière-garde près, avaient passé heureusement le Rhin; il ordonna aux hussards de gagner imperceptiblement par pelotons le pont. Il y fit marcher les troupes qui garnissaient la tête du pont par la digue, tout en détachant des patrouilles qui continuèrent à tirailler avec l'ennemi ». Les Français ouvrirent le feu de leurs canons au moment du passage du dernier bataillon, « mais M. le comte de Bückebourg, qui avait passé avec notre artillerie et qui lui avait d'abord donné un emplacement sur l’autre bord du Rhin, fit commencer à la faire jeter avec tant de vivacité, que les ennemis n'y eurent plus un petit mot à répliquer. On leur abandonna quelques vieux chariots et quelques charrettes de paysans, remplies de foin, qu’on alluma et on rompit le pont tout de suite ». La traversée fut complètement terminée à 11 heures, et l'armée confédérée alla camper à Bruynen, où elle fut ralliée, le même jour, par la division Hardenberg laissée devant Wesel et par la division Kilmansegge que la rupture du pont avait empêché de suivre le gros sur la rive gauche.
La retraite sur Rurick et le passage du Rhin font honneur au prive hébédiläire; malgré la proximité des lrançuis 1 n'y out pas de fausse manœuvre et la perte en matériel fut insignifiante, Con véaultuts Tubulit du en grande partie à li imollesse de la poursuite et 4 la prudence eaigémio de l'adversaire.
Cusluies se rendit parfaitement compte qu'il n'avait pas tiré parti des embarras du prince, el s'en accus très franchement dans sa correspondance privée avec Belleisle (1) : « On ne doit pas être entièrement satisfait de soi, Monseigneur, lorsqu'on n'a pas fait à son ennemi
(4) Castries à Belleisle, 20 octobre 1766. Archives de la Guerre,
tout le mal qu'on pouvait lui faire, et je me reproche par cette raison : 1°de n'avoir pas suivi les ennemis le 16 avec plus de vivacité; 2° de n'avoir pas marché droit sur Burick pour les empêcher de prendre la position qu'ils ont tenue le lendemaïa, et 3° de n'avoir pas prévu le parti que les ennemis prirent et dès la pointe du jour de n'avoir pas fait marcher l'armée, pour être à même d: les attaquer dès ce jour-là au lieu d'attendre au lendemain, ce que j'aurais été forcé de faire. Il serait vraisemblablement résulté de ces trois choses des avantages plus considérables que ceux que j'avais remportés, mais je craignis de mettre trop légèrement au hasard les succès que j'avais
eus. »
A Versailles et à Cassel, l'alerte avait été chaude, aussi les félicitations ne manquèrent pas au jeune général : « Je joins ici La lettre que le Roi vous a écrite, lui annonce Belleisle (1), il n’en a pas tant fait encore pour le maréchal de Broglie. Voilà aussi une lettre de M"° de Pompadour qui a été presque aussi contente que moi. » Puis, il
ajoute de sa main : « Je vous aime bien véritablement et aussi tendrement que j'ai pu faire mon frère ou mon fils. » De leur côté, le maréchal de Broglie et son frère le comte envoyèrent aussi leurs congratulations. Castries fit preuve de modestie etrepassa àses subordonnés une bonne part des compliments reçus; il se montra surtout fort élogieux pour Besenval et Wurmser et pour les brigades d'Auvergne et d’Alsace que ces officiers avaient menées au feu. Castries ne perdit pas de temps pour se rendre à Wesel; il y entra le 18 à 11 heures, au moment où s'achevait le passage des confédérés; il eut des velléités de sortie, mais l’assiégeant ne l’attendit pas, et évacua les tranchées le 19 à midi. Castella, gouverneur de la place, qui, pendant le siège, avait eu une excellente attitude, ne
(1) Belleisle à Castries, 24 octobre 1760. Archives de la Guerre.
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