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INACTION D'UNE PARTIE DE L'ARMÉE FRANÇAISE

traite générale des siens. En fait, Chabo ne participa pas à l'affaire; il en fut de même de Roquepine dont les troupes, et notamment la brigade de la Couronne, ne parurent sur le champ de bataille qu'après la fin du combat, La gendarmerie ne chargea pas, mais la canonnade lui coûta un officier et quelques hommes.

En résumé, sauf l'intervention d’Elliot et la charge des 3 escadrons de Thiard, la bataille de Clostercamp fut une rencontre sanglante et bien disputée entre 18 bataillors français et 16 bataillons confédérés en grande ma;orité anglais. De part et d'autre, le nombre engagé fut à peu près égal, soit d'environ 12.000 fantassi'.s. Sans la malheureuse sortie en plaine qui ne fait pas ‘éloge de la discipline des régiments français, ceux-ci aurant pu remporter un succès absolu, surtout si les renforts réclamés par Castries au cours de l'action fussent arrivés en temps utile. On peut à la rigueur comprendre les hésitations de Chabo qui l’empêchèrent de tirer parti de sa troupe, mais il est difficile de saisir les motifs de l'inaction des 6 bataillons de Roquepine pendant tout le combat. D'autre part si, malgré les difficultés du terrain, la charge d'Elliot fut si efficace contre l'infanterie française dans les bruyères de Camp, on peut s'étonner qu’un officier de cavalerie comme Castries ne se soit pas servi du reste de ses deux brigades et des 10 escadrons de la gendarmerie contre les bataillons confédérés dont Le désordre était au moins aussi grand que celui des Français. Grâce sans doute au défaut de poursuite, la perte du vainqueur aurait dépassé celle du vaincu : Les Français comptèrent 185 officiers, 2.459 soldats tués et blessés appartenant aux régiments engagés, soit, en y ajoutant les Fischer et quelques cavaliers atteints, près de 3.000 hommes. Le rapport officiel du prince héréditaire ne porte son déchet qu'à un total de 1.612 officiers et soldats parmi lesquels environ 500 prisonniers, Dans l'armée

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de Castries, les régiments d'Alsace, d'Auvergne et de Normandie furent terriblement éprouvés; ils accusèrent un déficit respectif de 96%, 773 et 697 officiers et soldats hors de combat, soit près des 5/6 du total de la perte française et #5 % de leur effectif, Ces chiffres, pour un combattant resté maître du terrain de la lutte, paraissent élevés et il est permis de se demander si, d’après la coutume de l’époque (1), les capitaines n'avaient pas enflé Leur manquant en y comprenant toutes les non-valeurs de leurs compagnies.

Ainsi que nous l'avons dit, l'armée du prince héréditaire eut tout le loisir de se retirer à Burick ; l'avant-garde française ne franchit le canal que deux heures après la fin de la mêlée: elle s'établit à une lieue de Burick et fut rejointe par le gros vers la nuit. La journée suivante, le 17 octobre, se passa en escarmouches; Castries fit tâter l'ennemi par ses troupes légères à Elverich et Geit, fais il remit l'attaque au lendemain et se borna à se rapprocher de la position ennemie, dont il resta éloigné d'un quart de lieue. La situation du prince héréditaire ne laissait pas d’être critique : en face de lui, un ennemi vainqueur; à son dos un fleuve à traverser; pour comble de malheur, le pont unique qui assurait la retraite avait été rompu dans la soirée par une inondation, Il fallut le rétablir un peu en aval, mais l'opération ne fut ache vée que le 18, à 5 heures du malin.

Tout d'abord, le prince héréditaire chercha à en im poser aux Français en faisant prendre l'offensive à sa cavalerie dans la direction de Géit; il garnit d'artilleri: la tête du pont abandonné et engageä une vigoureus: canonnaäde. La manœuvre réussit : « tantôt au pont (2,

(1) Les lettres de Cornillon à Holloisle du 4 août, et de Du Muy à Belleisle du 13 août, à la suite du combat de Warburg, expriment le même doute

(2) Lettre du quartier général du prince, Bruynen, 17 octobre 1760, Record OM

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