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cuses, son armée est fatiguée, les bataillons venus de France n2 sont pas en état de faire campagne, la cavalerie est à bout, c'est tout au plus s’il peut disposer d’une division active de 12.000 combattants, auxquels l'adversaire pourra opposer le double. Au fond, il désire rentrer en France (1) pour y cueillir les lauriers qui l’attendent. Broglie ne veut pas lui accorder le congé qu’il avait sollicité et insiste pour qu'ii reste en Westphalie sous l'ordre supérieur de Du Muy. Il fallut s'exécuter, et le 10 novembre, Castries prit position près de Devenick, où il s’efforca, en maugréant, « de retenir sur le Bas-Rhin le plus d’ennemis possible ».
L'inaction des mois de septembre et d'octobre, la discussion au sujet de la conservation de Casse] et de Güttingen, l'inquiétude causée par les événements du Bas- Rhin, peut-être quelque jalousie des succès de son lieutenant, enfin les propos indiscrets de Belleisle, rapportés aver usure par les amis de Paris, paraissent avoir agi sur l'humeur de Broglie, fort m&l disposé, on le sait, à l'égard du ministre de la Guerre. Toujours est-il qu’à la date du 25 octobre, le généralissime demande (2) à étre relevé de son commandement. Dans une lettre au Roi, il récapitule ses griefs contre Saint-Germain et son éiatmajor, se plaint des insinuations et des critiques voilées que contient la correspondance du ministre dans le but évident de dénigrer ses hauts faits ct d’exagérer ses insuccès. C’est ainsi « qu'on relève les moindres échecs avec une affectation qui paraitrait, j'ose dire, outrée et ridicule, dans le gazetier le plus vendu aux ennemis de V. M. On a refusé à votre capitale, Sire, la satisfaction d'entendre tirer le canon pour le ccmbat de Corbach,.… mais la haine du général aveugle : et pourvu qu'on le
(1) Castries à Broglie, 26 octobre, 2? et 10 novembre. Archives de la Guerre.
(2) Broglie au Roi, Cassel, 25 octobre 1760. Archives de la Guerre.