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PROBLÈME DE LA CONSERVATION DE LA HESSE

être »; plus heureux, Castries fut avisé qu’il pourrait revenir aussitôt la campagne t:rminée. Le désir quasi universel de rentrer à Paris, malgré l'inconvénient qui en découlait au point de vue militaire, s’explique par la monotunie de la guerre dont les opérations étaïent nulles et par conséquent l’irtérêt des plus médiocres.

Depuis les envois de renforts en Westphalie, ii n'y avait eu en Hesse d'autre incident qu’un raid que Stainville avec 2.300 hommes de cavalerie avait poussé dans le comté d'Halberstadt et qui avait rapporté 80.000 écus à la caisse de l’armée, Le mauvais temps et les difficultés de transport qui en résultaient, rendaient des plus pénibles les mouvements de troupes et surtout ceux de l'artillerie. « Nous sommes dans un pays mangé, écrira vers la fin de l’automne (1) Ferdinand à Holdernesse, et devant tirer de lui nos subsistances, les chemins rendus presque impraticables par une pluie qui à continué deux mois de suite, influent infiniment sur toutes nos mesures. » Broglie tient (2) absolument le même langage; il signale la « disette de bois, de fourrages et de farines; à moins d'un miracle, il sera impossible qu’on ne périsse pas d'ici au printemps par quelqu'un de ces besoins ».

Au moment où il traçait ces lignes, le général français commençait à être très inquiet des suites de la victoire de Frédéric à Torgau; tant que son flanc droit avait été couvert par les armées de Daun et de Deux-Ponts, et que la Saxe était au pouvoir des alliés, il avait cru relativement aisé de se maintenir à Cassel et à Güttingen contre le prince Ferdinand, dont une partie des troupes était retenue en Westphalie par la présence de Castries en avant de Wesel. Depuis la défaite de Daun et la retraite de Deux- Ponts, la situation avait empiré. N’était-il pas à craindre

(1) Ferdinand à Hoïdernesse, Hardegsen, 24 novembre 1760. Record Office. (2) Broglie à Belleisle, Cassel, 9 novembre 1760. Archives de la Guerre.

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que le roi de Prusse détacherait au secours du prince Ferdinand et lui prèterait son aide pour chasser les Français de la Hesse? « Le prince est à Warburg (1) à huit petites lieues d'ici, ayant, ains' que vous le remarquez, la facilité de nourrir sa cavalerie des fourrages qu'il reçcoit par le Weser. Il peut donc rassembler son armée le jour que je séparerai celle du Roi, et s'il s'est procuré des moyens d'opérer sur l'une ou l’autre rive du Weser, en faire au moins la démonstration, Que devrai-je faire alors? Me rassembler de nouveau? Mais la cavalerie sera fort éloignée, et je n'ai aucun marasin pour faire vivre l’armée réunie. Resterai-je dans les quartiers? Il en attaquera quelques-uns avec beaucoup de supériorité de forces, et me percera peut-être. Si on veut examiner ce que je vous expose avec des yeux non prévenus, on ne pourta disconvenir qu'il est plus délicat que vous ne paraissez le penser, de séparer le premier l’armée, et qu’il n’est rien moins que certain que lorsque je la ferai entrer dans ses auartiers, le prince Ferdinand en fasse autant de la sienne. »

Voici les dispositions qu'il compte prendre : Aussitôt que Güttingen sera en état de défense, c’est-à-dire vers le 18 novembre, il ramènera le corps de réserve du comte de Lusace en deçà de la Werra et concentrera l'infanterie de l’armée autour de Cassel avec la cavalerie en arrière, à portée d’accourir si les circonstances l’exigent; mais il ne pourra se maintenir dans ces positions sans approvisionnements : « Si j'avais un gros magasin ici et un à Witzenhausen, je ne serais pas inquiet. Je vous ai toujours mandé que j'étais persuadé que le prince Ferdinand ne me chasserait pas de la Hesse par la force, et lorsque Gôüttingen sera achevé, cela lui sera encore plus difficile ; mais je n'ai jamais espéré de venir à bout de surmonter

(1\ Broglie à Belleisle, Cassel, 9 novembre 1760. Archives de la Guerre.

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