‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 182 sur 332 · SIÈGE DU FORL LÉ VIS · texte numérisé non relu

SIÈGE DU FORL LÉ VIS

que le vainqueur avait rebaptisé Wi{liamson, du nom du commandant de l'artillerie britannique. Sur la flottille de Loring, on avail placé des soldats destinés à faire le coup de fusil contre les artilleurs français et à les empêcher de servir leurs pièces. Aussitôt les batteries de Lévis réduites au silence, des détachements de grenadiers et de voltigeurs, embarqués sur des berges, devaient prendre pied sur l'ile et monter à l'assaut des remparts. D'après Le récit de Mante, deux des bateaux anglais le Mohawk et le Williamson s'acquittèrent de leur tâche; l'Onondaga, commandé par Loring, échoua par suite d’une fausse manœuvre et, devenu la cible des canons francais, fut obligé d'amener son pavillon et d'envoyer au fort son second pour faire cesser le feu. À l’une des batteries de la rive, l'on s’aperçut de l'incident et l'on dirigea le tir de manière à empècher le canot de retourner à bord. D'après Loring lui-même, il n'euvait pas été soutenu par ses deux compagnons qui auraient quitté la partie; embossé à portée de pistolet des embrasures ennemies, après avoir tiré 892 fois, voyant son navire « presque totalement détruit » et 8 de ses canons démontés, il avait fait des signaux de détresse auxquels on n'avait pas répondu. En désespoir de cause, il avait cherché à lever l'ancre, et en essayant cette manœuvre, s'était échoué ; alors blessé et sur les prières de son équipage, il s'était rendu, mais les Français n'avaient pas pu amariner son bâtiment.

En fin de compte, il fallut abandonner l'Onondaga après avoir mis à terre le commandant Loring et ses hommes et renoncer au projet de débarquement. Ambherst, dans sa dépêche à Pitt (1), passe très légèrement sur son échec et se borne à remarquer que « l'ap-

(1) Ambherst à Pitt, Fort William Augustus, 26 août 1760. Record Office, N. America.

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proche des vaisseaux contre le fort ne s'est pas eifectuée comme ie l'ousse désiré, et je me suis décidé à ne pas poursuivre mon plan ce jour; le fort a tiré beaucoup de munitions sans grand eilet, et nos batteries ont graduellement démonté leurs canons et leur ont fait apprécier le danger de servir leurs batteries ».

Le lendemain 25, la canonnade recommencs avec boulets rouges et ne prit fin qu'avec la capitulation. Le capitaine Pouchot, que nous avons déjà vu à Niagara et qui, échangé depuis, avait été appelé au commandement du fort Lévis, demanda à traiter. Ambherst ne voulut accorder d’autres conditions que la reddition pure et simple dans un délai de 10 minutes. La faiblesse de la garnison, qui ne se somposait que de 129 régulierset 116 miliciens etouvriers, et la mort de l'unique officier d'artillerie, tué par le premier boulet des batteries anglaises, forcèrent Pouchot à s'incliner. Si l’on considère l’immense sunériorité des Anglais par terre et par eau et la nature des fortifications qu'il s'agissait de défendre, il faut reconnaitre que la résistance du capitaine de Béarn avait été fort honorable; 1: siège avait coûté une quarantaine d'hommes aux Français et un peu plus de 60 aux Anglais. Le général britannique, qui aimait à changer les noms des places dont il s'eruparait et qui, à l'occasion des nouvelles appellations, savait faire acte de courtisan, donna au fort Lévis le nom de William Aususte, en l'honneur d'un prince de la famille royale.

Fidèle à ses habitudes de prudence, Amaerst employa cinq jours à remettre en état le fort et la flottille, Le 1° septembre, i! rembarqua son monde et poursuivit sa navigation. À propos de la prise de ‘possession de Lévis, enregirtrons un incident (1) à l'éloge du général anglais : « Les Indiens qui suivaient l'armée, conformément à

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(1) Mante, Late war in America, p. 304.

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