‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 183 sur 332 · AMHERST DEVANT MONTREAL · texte numérisé non relu

AMHERST DEVANT MONTREAL

leurs coutumes sanguinaires en temps de guerre, se disposaient à pénétrer daus le fort afin d’y massacrer la garnison. » Amherst eut vnt de leurs intentions et leur signifia, par leur commandant spécial Johnson, défense formelle d'entrer dans l'enceinte; par contre, il leur fit cadeau du contenu des magasins capturés. Une restriction pareille n'était pas du goût des indigènes, aussi leur fureur fut-elle extrême, et Johnson fit part à Amherst de sa crainte de les voir déserter. L'Anglais répondit qu'il pouvait se passer de leur concours, et « que tout en désirant conserver leur amitié, il ne pouvait se contraindre à l'acheter en autorisant les cruautés horribles qu'ils avaient en vue ». La plupart des sauvages quittèrent l’armée ; il n'en resta que ‘70 que le gouvernement britannique récompensa de leur borne conduite er leur distribuant des médailles.

Jusqu'au # septembre, la navigation se continua (1) sans encombre, Ce jour, l’avant-garae aborda vers midi les rapides des Cèdres, considérés à bon droit comme la partie la plus dangereuse du fleuve. Faute d'observer les distances entre les canots et de prendre les précautions nécessaires, il y eut une véritable catastrophe; 29 berges, 17 baleinières, 17 bateaux chargés de matériel, 1 gaière furent brisés et coulés avec perte de 88 hommes; une portion seulement du corps expéditionnaire put franchir le défilé et débaruier à l’île Perrot; le reste rejoignit le lendemain sans autre accident. Le 6, Amherst, avec tout son monde réuni, mit pied à terre à La Chine, sur l'ile de Montréal; il refoula quelques postes français auxquels il se heurta, et vers ia tombée du jour, vint camper dans une plaine, près de Montréal, où les troupes passèrent la nuit sous les armes. Le 7, au matin, il reçut la visite de Bougainville et du capitaine de Las envoyés par Vau-

(1) Amherst à Pitt, Montréal, 8 septenbre 1760. Record Ofltice. N. A.

dreuil pour traiter de la reddition de Montréal et de la colonie, La veille au soir, Murray avait pris position en aval de la ville, et Haviland annonçait son arrivée, pour le lendemain 8, sur la rive sud, en face de Montréal. La concentratio, des Anglais sous les murs de la capitale était un fait accompli.

Peu de chose à dire sur la dernière semaine qui précéda la capitulatian. Tout le monde avait conscience que la fin approchait; on était prêt à faire son devoir jusqu’au bout, mais sans la moindre illusion sur l'issue finale. Il n’y eut pas de rencontres, tout au plus quelques coups de fusil échangés entre les arrière-gardes françaises et les partis que Murray débarquait pour recueillir les soumissions et brüler les maisons de ceux qui résistaient encore. La désertion, presque générale chez les miliciens, s'étendait de jour en jour aux réguliers, dont plusieurs étaient mariés aux femmes du pays et, par conséquent, tout aussi intéressés à la conservation des propriétés que les habitants eux-mêmes. « Quatorze grenadiers ont déserté cette nuit, écrit (1) Bourlamaque le 2 septembre, mauvais exemple pour les autres; quelques soldats l'ont déjà suivi et les officiers assurent tous qu'il y en à un grand nombre dans les mêmes dispositions... La maraude se joint à la désertion, je viens de faire passer par les verges, mais il faudrait bientôt fouetter toute la troupe. »

Quant aux sauvages, ils ne voulaient plus servir, même pour les découvertes. Pendant l'été, Vaudreuil, qui avait gardé sa confiance dans ces auxiliaires, en expédia à plusieurs reprises à l’Ile aux Noix. Fort mal renseigné sur les mouvements l'Amherst qu'il croyait à Crown Point, et très désireux de + procurer des prisonniers, dont il pourrait tirer des informations utiles, il revient à chaque instant sur ce sujet dans sa correspondance avec Bougainville. Le

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