LANDSHUT ET LIEGNITZ
LAUDON EN SILÉSIE. — COMBAT DE LANDSHUT. —— PRISE DE GLATZ, — ARRIVÉE DU PRINCE HENRI ET DES RUSSES A BRESLAU. — BOMBARDEMENT DE DRESDE. — LEVÉE DU SIÈGE. — MARCHE PARALLÈLE DE DAUN ET DE FRÉDÉRIC
VERS LA SILÉSIE. — OPÉRATIONS SUR LA KATZBACH. — BATAILLE DE LIEGNITZ. — RECUL DES RUSSES.
Les négociations pacifiques de La Haye, quoiqu'elles eussent été la principale préoccupation de la plupart des cours européennes pendant la fin de l'hiver et le commencement du printemps de 1760, n'empèchèrent pas les belligérants de porter toute leur attention sur les préparatifs de la campagne prochaine.
Pour Frédéric, en particulier, la tâche fut singulièrement ardue; l’armée prussienne, décimée par les batailles sanglantes livrées aux Russes, réduite par la capitulation de Maxen et par l'échec de Meissen, avait beaucoup souffert de la prolongation des hostilités en Saxe; le froid, les intempéries d'une saison exceptionnellement dure, les maladies, avaient diminué des effectifs qu’il devenait de plus en plus difficile de rétablir avec les ressources du contingent national. À défaut des
conserits que le territoire royal ne fournissait plus en nombre suffisant, on dut avoir recours aux levées effectuées en Saxe ou dans le Mecklembourg, aux volontaires qu'on obtenait par l'entremise d'entrepreneurs de recrutement, dont l'organisation s'étendait sur toutes les parties de l'Allemagne, aux déserteurs des armées étrangères, enfin, aux prisonniers de guerre, incorporés de force. Grâce à ces moyens empiriques, on put remplir les vides de l'infanterie et reconstituer les cadres perdus à Maxen. Dans les régiments de cavalerie, les lacunes ne furent pas comblées aussi rapidement et il fallut opérer des réductions. Mais ce fut dans le coips d'officiers que le défaut de bons éléments se fit le plus sentir; pour remplacer les excellents serviteurs des Années précédentes que la mort, les infirmités ou la captivité avaient fait disparaitre, on fut obligé de faire appel aux bataillons de forteresse, et d'introduire dans l’armée active des sujets dont la qualité laissait à désirer.
Déduction faite des garnisons et des dépôts, Frédéric mit en ligne une force totale de 126 bataillons et de 190 escadrons, fournissant environ 90.000 à 100.000 combattants. Ces troupes auraient à tenir tête à 120.206 Autrichiens, 80.000 Russes, 10.000 Suédois et 20.000 Impériaux, soit à un ensemble de 230.000 ennemis.
Avec une disproportion si marquée dans les effectifs, le roi de Prusse était dans la nécessité de se résigner à la défensive ; aussi, son armée était-elle distribuée en conséquence. Tandis qu'avec le corps principal, de #0 à k5.000 hommes, il maintiendrait ses positions en Saxe, vis-à-vis du maréchal Daun, le prince Henri et le général Fouqué, avec #5 à 47.000 combattants, se partageraient la tâche de protéger la Silésie contre les Autrichiens et d'arrêter l'invasion russe; enfin le général Jung Stutterheim, avec une faible division de 5.000 hommes, surveillerait les agissements des Suédois.
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