CHAPITRE III
TORCGAU
COMBAT DE STREHLA,. — DEUX-PONTS MAITRE DE LA SAXE. — RETOUR EN SAXE DE FRÉDÉRIC ET DAUN. — SÉPARATION ET RETRAITE DE L'ARMÉE DES CERCLES. — BATAILLE DE TOR- GAU. — FRÉDÉRIC RECONQUIERT LA SAXE. — OPÉRATIONS DE LAUDON EN SILÉSIE.
Pour éviter les redites, nous avons épuisé le sujet accessoire des hostilités dont la Poméranie et ia nouveile marche de Brandebourg furent le théâtre; mais pendant les derniers mois de l’année 1760, les gros événements se passaient en Saxe, et c’est dans cette contrée que se décida le sort de la campagne. Lors de son départ pour la Silésie au commencement d'août, le roi de Prusse n'avait pu laisser pour la garde de la Saxe, en outre des garnisons de Torgau, de Leipzig et de Wittenberg, qu’une division de 12.000 hommes sous les ordres de Hülsen. Ce général s'était installé dans un camp retranché derrière la Triebsehe, à peu de distance de Meissen. Les forces impériales qui lui étaient opposées se composaient, pour l'infanterie, d'éléments mélangés appartenant, en majorité, aux contingents des Cercles, pour la cavalerie, au contraire, de régiments presque exclusivement autrichiens; le {out pouvait atteindre un effectif de 23.000 hommes (1) commandés par le duc de Deux-Ponts. Dans ce chiffre ne
(1) Marainville à Choisceul, Hagnitz, 15 août 1760. Affaires Étrangères.
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sont comptées ni la garnison de Dresde ni la division indépendante du général Luzinski, forte de #.000 hommes. Enfin, le duc de Wurtemberg guerroyait pour son propre compte avec8.000 hommes. Le 13 août, l’armée des Cercles qui avait attendu, pour s'ébranler, que Frédéric fût hors de portée, alla camper à Wilsdruf, et trois jours après, le
4 prince de Stollberg, avec le corps de réserve, se posta
: sur le flanc des Prussicns. Ainsi menacé de voir couper sa ligne de retraite, Hülsen prit le parti de se retirer le 18 dans la position de Strehla où le prince Henri avait tenu tête aux Autrichiens en 1759.
ET ! Le général prussien était bien résolu à disputer le ter- R- rain pied à pied aussi longtemps que son infériorité numé- E rique le lui permettrait. L'esprit de sessoldats venait d’être stimulé par la nouvelle de la victoire remportée par leurs | camarades de l’ärmée royale à Liegnitz; aussi eut-il la es- 1 pensée de tenter une surprise de nuit contre la division he h du prince de Stollberg qui paraissait en l'air. La vue des er- à Impériaux déjà en marche fit rentrer les Prussiens dans nt leur camp. Ceux-ci (1) appuyaient leur gauche à l'Elbe de L: près du village de Strehla et s’étendaient sur des hauteurs m- 4 perpendiculaires au fleuve jusqu'à la colline boisée du ser à Dürreberg .où était rangée la droite. Deux-Ponts et son OT- # état-major s'étaient rendu compte du peu de chance de de 7 succès que présenterait ur assaut de front contre une ral position dont les avantages naturels avaient été comla plétés par les ouvrages élevés en 1759 et restés pour m- :a plupart intacts ; ils adoptèrent un plan d'attaque assez pur Ci bien conçu. Les Impériaux de Stollberg, les Croates de jo- Li Kleefeld et les réguliers autrichiens de Guasco furent pn.- Le dirigés contre l'aile droite des Prussiens qui occupait le Ée le Dürreberg; le reste de l’armée, déployé en avant de (1) L Canitz, s'efforcerait par des démonstrations d'empêcher De à (1) Voir, pour les détails du combat, le récit contradictoire des Gesprü- » che im Reiche der Todien; HI, Frankfurth et Leipzig, 1760. ° GUERRE DE SEPT ANS. — T, IV. 8
Hülsen de secourir sa droite; enfin la cavalerie, par un mouvement circulaire, se porterait sur les derrières de l’aile attaquée et agirait dans la direction de la ligne de retraite sur Torgau. Vers # heures du matin, le 20 août, l'affaire
débuta par un duel d'artillerie entre les batteries prus-
siennes du Dürreberg et le canon de Guasco placé sur la
collinede l’Ottenberg qui lui fait face, Appuyées par le feu . de, leurs pièces, les troupes de Stoilberg et Kleefeld eurent
d’'ébord l'avantage : elles s’'emparèrent d’un bois sur le flaic des Prussiens et commencèrent à tourner les défenseuk&# du Dürreberg. En même temps, les grenadiers de Gi@sco firent mine de les attaquer de front.
Mais Hülsen ne se laissa pas tromper par les feinies des Impériaux contre les collines de Strehla, il comprit que seule son aile droite était sérieusement menacée et il y envoya le gros de sa cavalerie et deux bataillons sous le général Linden, L'arrivée de cette infanterie fut des plus opportunes; elle permit au général Braun, qui commandait au Dürreberg, de disposer d’une partie de son monde pour repousser les Autrichiens qui débouchaient du bois et devenaient inquiétants. L'intervention de la cavalerie fut encore plus efficace ; tandis que cinq escadrons de dragons tombaient sur les troupes qui, à peine sorties du taillis, étaient encore en désordre, en tuaient bon nombre, en capturaient beaucoup et mettaient fin à tout danger de ce côté, le reste, conduit par le général Schorlemmer et le colonel Kleist, dirigea son effort contre la cavalerie impériale dans la plaine de Saas. Les chevau-légers de Deux-Ponts et Les hussards de Baronicz, qui étaient en tête, furent repliés vigoureusement et laissèrent entre les mains des vainqueurs de nombreux prisonniers, parmi lesquels le colonel prince de Nassau-Ussingen.
Malgré l'échec de S'ollberg, le duc de Deux-Ponts qui avait presque toute la journée devant lui, car il