‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 90 sur 332 · SPORCKEN REJOINT LE PRINCE FERDINAND · texte numérisé non relu

SPORCKEN REJOINT LE PRINCE FERDINAND

manda (1) : « de faire toute la diligence possible pour arriver », il craignait que le défilé de Stadtherg ne fût tombé au pouvoir des Français et conseillait de passer la Dymel à Warburg. Aucune tentative ne fut faite pour empêcher ou retarder la marche de Spürcken qui franchit, le 12, les défilés de Stadtberg sans se soucier du voisinage le Saint-Germain et vint former la droite des confédérés à Landau.

En faisant son rapport à la cour de Londres, Ferdinand prit prétexte de l'échec qu'il venait d’essuyer, pour demander l’augmentation du contingent britannique; il obtint gain de cause et reçut avis que, sur la proposition de Pitt, 3 bataillons de gardes seraient envoyés en Allemagne sous les ordres d’un général qui portait le nom de Cœsar (2). A la suite du combat de Corbach, les deux armées restèrent campées à une lieue l’une de l’autre : Ferdinand sur les hauteurs de Sachsenhausen, l’armée française sur le champ de bataille. Broglie ne prévoyait pas la possibilité de reprendre les opérations avant Le 13, à cause de la fatigue des hommes qu'avait épuisés une étape de 1% lieues, accomplie par mauvais temps, et parce que la nouvelle distribution de pain ne pourrait se faire qu'à cette date. En effet, Le 14 juillet, Le gros du corps de Saint-Germain fut posté à Gembeck, ses troupes légères à Heddinghausen ; le lendemain, il s'établit à Canstein, près du défilé de Stadtberg. Le prince Ferdinand avait conservé à Sachsenhausen une position que Broglie (3) jugeait inattaquable, mais qu’il espérait tourner par Stadtberg en portant ses forces au delà de la Dymel. Toutefois, cette

(1) Ferdinand à Spürcken, Sachsenhausen, 11 juillet 1760. Westphalen, IV, p. 332,

(2) La famille Adelmère, à laquelle appartenait le général, avait abandonné ce nom pour celui de Cæsar , surnom d'un ancêtre illustre, sir Julius Adelmère alias Cœsar.

(3) Broglie à Belleisle, Corhach, 17 juillet 1760, Archives de la Guerre.

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opération, qui éloignait l'armée de Marburg et de Corbach, nécessiterait un changement de la base de ravitaillement, Déjà Saint-Germain se trouvait fort exposé : « Le poste de Stadtberg, écrit-il à Broglie (1), n’est bon ni pour nous, ni pour les ennemis; je le ferai cependant occuper puisque vous l’ordonnez. » La réplique du maréchal (2) ne se fit pas attendre : « Je ne vous ai pas ordonné d'occuper le poste de Stadtberg s’il est mauvais, et vous n'avez qu'à relire ma lettre; je m'empresse de vous prier de songer que nous devons aller au bien de la chose. C'est là ce qui doit uniquement nous conduire tous. »

Ainsi qu'on le voit par ce spécimen de la correspondance, les rapports entre le maréchal et le commandant de son aile gauche étaient aussi tendus que jamais. Broglie, dans son accusé de réception du billet injurieux que Saint-Germain lui avait adressé le 1‘ juillet de Dortmund, s'était servi de termes très mesurés, mais il avait soumis le cas au Roi et envoyé à Belleisle copie de toutes les lettres échangées. Malgré toute sa sympathie pour Saint-Germain, et en dépit du sentiment opposé qu’il nourrissait à l'égard de son chef, le ministre n’avait pu s'empêcher de donner raison à ce dernier. I1ne cherche pas à cacher ses impressions à Saint-Germain; il a pris connaissance (3) de la réplique de Broglie, « dont on ne peut trop louer la sagesse et la modération; c’est l'effet que la lecture de cette réponse a opéré sur l'esprit du Roi et de tout son conseil, et je puis ajouter sur celui de tous vos amis les plus intimes, car quelque volonté que l’on puisse avoir de vous excuser, il est impossible de le faire en considérant le mouvement d'humeur qui vous a pris comme une vapeur pen-

(1) Saint-Germain à Broglie, Canstein, 17 juillet 1760. Archives de la Guerre.

(2) Broglie à Saint-Germain, Corbach, 17 juillet 1760, 9 h. 1/2 soir. Archives de la Guerre.

(3) Belleisle à Saint-Germain, 11 juillet 1760. Archives de la Guerre.

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