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trace de son chef (1) le croquis suivant : « Je me crois obligé de vous informer que M. de Saint-Germain n'est pas d’un caractère à être mené par la lisière, qu'il sait obéir et commander, qu’il l'a prouvé; mais qu'il est sur la forme d'une sensibilité qu'on ne saurait anprécier, que cette sensibilité augmente encore par la connaissance qu'il a de sa supériorité dans les véritables parties du métier de la Guerre, qu'il ne fera aucune démarche pour rapprocher les esprits, qu'il ne conviendra d'aucun tort, et qu'il serait peui-être dangereux de vouloir le changer ou le corriger sur sa facon d'être, par la raison que ce qu'on pourrait aujourd'hui taxer d’imperfection, changera de nom et s'appellera vertu et supériorité, lorsqu'il sera arrivé à la place où il doit parvenir... M. de Saint- Germain vient de me parler de la lettre qu'il a recus:; le résultat de ce qu'il m'a dit à ce sujet est qu'il finira la campagne avec résignation, à condition que M. le Maréchal aura pour lui un peu moins de rigidité et de sécheresse. Il a plus que jamais le bulletin ou la relation sur le cœur ; en vérité, Monseigneur, il a raison sur cet article. »
D'un personnage aussi susceptible et aussi entiché de son propre mérite, il ne fallait pas attendre les excuses qui, seules, eussent rendu possible scn maintien à l’armée. Elles ne se produisirent pas, et le 19 juillet, Broglie lui adressa l'ordre de remettre son commandement au chevalier Du Muy et un passeport pour rentrer en France. La lettre (2) du maréchal est à citer : « M. le maréchal de Belleisle m'a mandé, Monsieur, par sa lettre du 11 de ce mois qu'il vous dépêchait un courrier qui arriverait avec le mien pour vous faire connaitre les intentions dn Roi, conséquemment à la conduite que vous aviez tenue vis-à-vis de moi et à celle que Sa Majesté vous prescrivait pour la
(1) Voyer à Belleisle, Canstein, 16 et 17 juillet 1760. Archives de la Guerre. (2) Broglie à Saint-Germain, Corbach, 19 juillet, 8 heures du soir, Archives de la Guerre.