‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 97 sur 332 · FERDINAND DÉTACHE CONTRE LA RÉSERVE DE DU MUY · texte numérisé non relu

FERDINAND DÉTACHE CONTRE LA RÉSERVE DE DU MUY

partie principale, à sa gauche Fischer et Saint-Victor, qui remplacçait Vair, à la tête de leurs volontaires, marchaient sur Warburg, Muy se dirigeait sur Stadtberg; le comte de Lusace avec la réserve de droite était établi à Breitenbach; il se rapprocha ensuite de Cassel, tandis que Muy se réunit à l'avant-garde à Warburg. La situation devenait embarrassante pour Ferdinand; le colonel anglais Boyd l'avait averti (1) que l'état inachevé des fortifications de Cassel laissait cette ville à la merci d'un coup de main, à moins d'en augmenter sérieusement la garnison. Sur le conseil conforme de Westphalen, qui continuait son rôle d'Egérie, le prince y envoya le général Kielmansegge avec une division de 10.000 hommes. Restaient les dispositions du côté de la Dymel. Westphalen expose (2) ses vues sur la conduite à tenir : Les divisions du prince héréditaire et de Spürcken étaient menacées d’avoir à lutter contre le corps de Muy que Broglie pouvait renforcer ou rejoindre en personne : « Mon avis est donc que V. A.S. passe avec son armée le Dymel, car si V. A. S. le fait avant M. le Maréchal, il est bien sûr que V. A.S. se trouvant à portée de soutenir le prince héréditaire, M. de Muy sera engagé dans un combat inégal... Si V. A. S. réussit à kattre de cette façon le chevalier de Muy, rien ne l’empêchera de repasser le Dymel et reprendre son camp ici ou une autre position qui convienne davantage à la situation des choses. »

Ferdinand se rangea à l'opinion de son secrétaire : « Je pris sur cela, écrit-il (3), le parti de laisser le général de

(1) Boyd à Ferdinand, Cassel, 25 juillet 1760, Westphaien, IV, 366.

(2) Westphalen à Ferdinand, 30 juillet 1760. Westphalen, IV, 369.

(3) Ferdinand à Georges, Warburg, 1° août 1760. Record Oflice. Le récit du combat de Warburgest tiré des rapports de Du Muy et du prince Ferdinand, de la correspondance de Broglie, de Castries, et d'officiers français, de relations anonymes, de la lettre du colonel Peirson, etc... Voir la carte à la fin du volume.

Kielmansegge avec un corps de troupes à Cassel, pour soutenir cette ville, et de marcher avec l'armée, la nuit du 30 au 31, pour passer le Dymel entre Liebenau et Dringelbourg, ce qui s’exécuta fort heureusement. Le prince héréditaire, qui avait passé le Dymel le 29 pour aller renforcer le général de Sporcke posté depuis le 28 entre Liebenau et Corbeck, fit reconnaitre la position du chevalier Du Muy. qui occupe dès le matin du 30 un camp fort avantageux entre Warbourg et Ochsendorff. On convint que le prince et M. de Sporcken tourneraient la gauche de l'ennemi, pendant que j'avancerais avec l'armée sur son front. »

Voyons quels avaient été les mouvements des corps français contre lesquels cette entreprise était dirigée : ‘a réserve de gauche éta t parvenue à Warburg le 29 au soir après une marche fatigante; depuis le 27, à 3 heures de l'après-midi, elle avait effectué un parcours de 16 lieues; elle se composait de 28 bataillons de ligne, deux de milices, 31 escadrons de cavalerie et de dragons et des troupes légères de Fischer. D'après le rapport de Du Muy, ces troupes n'auraient fourni que 18.000 combattants, mais nous serons probablement plus près de la vérité en les évaluant à 20.000 réguliers et 1.500 irréguliers. Spôürcken et le prince héréditaire avaient, à eux deux, 24 bataillons et 22 escadrons auxquels se joignirent les 22 escadrons de Lord Granby, soit, en y ajoutant la légion britannique (1) et les chasseurs, 23 à 24.000 effectifs (2).

Du Muy s'attendait à une attaque; il savait que Spürcken avait franchi la Dymel le 30 à Liebenau et qu'il avait reçu un gros renfort le même soir. Les Français avaient établi

(1) Corps irrégulier à la solde de l'Angleterre, formé en grande partie de déserteurs français, allemands et suisses.

(2) La relation oflicielle allemande ne compte les 24 bataillons et 22 escadrons qu’à 14.000 hommes, ce qui supposerait moins de 500 hommes par bataillon,

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