‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 3)Chapitre 111 sur 303 · IMPOSSIBILITÉ D'UNE COOPÉRATION EFFICACE · texte numérisé non relu

IMPOSSIBILITÉ D'UNE COOPÉRATION EFFICACE

les mains liées par des alliés timides, orgueilleux de leurs succès, mal intentionnés, exigeants et impérieux parce qu'ils sentent qu'on a besoin d'eux ; enfin il a été toute la campagne comme un écolier qui n'ose pas quitter son précepteur, »

Soltikoff, qui avant Kunersdorf avait fait preuve d'énergie, d'esprit de suite et de quelque capacité au poïit de vue tactique, devint plus que médiocre après la bataille. Obéii-il au sentiment très naturel de ménager ses soldats effro j'ablement éprouvés? Céda-t-il à l'idée, très répandue dans son état major, que c'était au tour des Autrichiens de porter les coups”? Fut-il influencé par des considérations politiques, à la fois d'ordre intérieur et extérieur? Il est probable que toutes ces raisons furent pour quelque chose dans sa conduite. A dire vrai, la coupération des deux armées était condamnée d'avance; en essayant d'imposer

la stratégie imaginée à Vienne ou à Pétersbourg, d'en-

traver les généraux par des instructions trop vagues pour ne pas engager leur responsabilité, trop précises pour ne pas restreindre leur liberté, en les forcant à des consultations qui n'avaient d'autre résultat que de faire perdre du temps et manquer l'occasion, les cours impériales avaient oublié qu’ils avaient en face d’eux un capitaine de premier ordre, maitre despotique de ses ressources, capable d’une décision énergique et pouvant la prendre sur ‘heure. L'infériorité qui découlait d’un tel état de choses priva les alliés de presque toutes leurs chances de succès; si un moment la victoire favorisa leur cause, ils le durent à la valeur de leurs soldats, et à la témerité d'un prince, qui, malgré son génie, n'était pas infaillible.

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