PROGRÈS DU DUC DE DEUX-PONTS EN SAXE
de Dohna, avec les 26 bataillons et 15 escadrons qu’il avait conservés, il réintégrait au commencement de juin ses cantonnements de Zwickau à Dresde. Hadick, avec le gros des Autrichiens jusqu'alors aux ordres de Deux-Ponts, traversait la Bohème pour rejoindre le maréchal Daun; l’armée des Cercles se réorganisait autour de Forcheim. Rien ne vint troubler la quiétude générale jusqu'à la fin du mois. Au cours de juillet, le prince Henri se rapprocha peu à peu de la Lusace; le 30 de ce mois, il se ‘endit à Schmottseifen pour assumer le commandement des troupes laissées à la garde de la Silésie, pendant que le Roi prenait la direction de celles qui étaient venues de Saxe avec le prince, pour les conduire contre les Russes. Un peu plus tard, Finck, qui avait été envoyé du côté de Torgau, fut appelé à son tour à la grande armée, et il ne resta pour défendre la Saxe que les garnisons des places fortes dont seule celle de Dresde, sous le général de Schmettau, présentait un effectif respectable.
Le duc de Deux-Ponts, qui avait fait une cure pour se remettre de la chaude alerte que l'incursion des Prussiens en Franconie lui avait occasionnée, était, à la date du 14 juillet, de retour à son armée (1) qui s'ébranla aussitôt. Les premières étapes furent courtes, car on mit treize jours à gagner Erfurt; de là des partis allèrent lever des contributions jusque dans le pays de Halberstadt; le 2 août, on était à Marienburg, où le général de l'Empire fut informé de l’état d'abandon dans lequel se trouvait la Saxe depuis le départ Au prince Henri et de Finck. IL activa en conséquence son mouvement, s'empara sans résistance de Leipzig, dont la faible garnison fut autorisée à se retirer avec armes et bagages, et fit sommer la ville de Torgau, dont le cominandant, Wolffersdorf, après quelques jours
(1) Marainville à Belleisle, Schleisingen, 14 juillet 1759. Archives Guerre, vol. 3518.
de défense énergique, fut obligé de capituler aux mèmes conditions; Wittenberg se rendit également le 21 août. Devenu ainsi maitre du cours inférieur de l'Elbe et d'une partie importante de l'Électorat, Deux-Ponts se décida à marcher sur Dresde (1), où il devait rencontrer les renforts en hommes et en canons que les Autrichiens lui avaient promis. Il confia la garde de ses conquêtes au général Saint-André, que nous avons vu à Zorndorf et qui avait sous ses ordres 10 à 12.000 Impériaux. En route, l'étatmajor du duc visita (2) le château de Nischewitz, propriété du ministre Bruhl, que Frédéric avait fait piller l’année précédente; tout y était dévasté, tant à l’intérieur que dans le parc; les Prussiens s'étaient conduits en véritables iconoclastes; les statues avaient les bras et jambes brisés; les boiseries avaient été Iémolies à coups de hache. Sous les murs de Dresde, où on arriva le 29, Deux-Ponts trouva les détachements de Brentano, Vehla et Macguire, forts de 14.000 hommes, dont moitié Croates, qui étaient au rendez-vous depuis deux jours; la grosse artillerie expédiée par san de Prague était annoncée pour le 1°’ septembre.
Pour la protection ae Dresde, place régulièrement fortifiée quoique de second ordre, le gouverneur Schmettau disposait de sept bataillons composés d'éléments peu sûrs, de 600 convalescents et d’un escadron de cavalerie; ses bouches à feu étaient nombreuses, mais il manquait de servants. Dès l'approche des Impériaux, les Prussiens avaient évacué la ville nouvelle sur la rive droite de l’Eibe et incendié un faubourg de la rive gauche où ils ne pouvaient se maintenir. L'attitude énergique de Schmnettau lors de l'attaque par Daun après la bataille de Hochkirch, faisait
(1) Marainville à Belleisle, Leipzig, 21 août 1759. Archives Guerre, vol, 3521, (2) Marainville à Belleisle. Hubersburg, 25 août 1754. Archives Guerre, vol, 3521,
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