‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 3)Chapitre 132 sur 303 · CAMPAGNE DES SUÉDOIS · texte numérisé non relu

CAMPAGNE DES SUÉDOIS

de Stockholm, le général Lantinghausen ne voulut rien entreprendre; la présence de la division prussienne de Kleist, forte d'environ 5.000 hommes, suffit pour le tenir en respect. Mais à la suite du départ de ce général appelé au secours du Roi après la bataille de Kunersdorf, les Prussiens ne conservèrent en Poméranie que cinq bataillons et quelques troupes légères qui formaient la garnison de Stettin et des îles de Wollin et d'Usedom à l'embouchure de l’Oder. Le champ devenu libre, Lantinghausen occupa sans résistance les villes de Demmin et Anklam et s'avancça lentement dans la direction de Berlin; le 7 septembre, le quartier général était à Pasewalk avec une avant-garde à Prenzlau, et des détachements avaient été poussés jusqu'à Zehdenick et Oranienburg dans le but de lever des contributions. À en croire Caulincourt, qui avait remplacé Montalembert à l'état-major suédois, malgré (1) la valeur incontestable du soldat, il était difficile d'obtenir une offensive énergique d'une armée commandée par des généraux incapables et par des colonels trop âgés. Le chef qui lui était opposé était le duc de Bevern; fait prisonnier dans une reconnaissance après sa défaite à Breslau vers la fin de 1757, il avait recouvré sa liberté et quoique encore en disgrâce, avait été nommé gouverneur de la forteresse de Stettin. Il. y déploya beaucoup d'activité, organisa des bataillons avec les blessés convalescents revenus des affaires contre les Russes, repoussa quelques incursions de l’enpemi dans la région de Stettin et créa une petite flottille pour lui disputer le Gross-Haff. Mais sur la mer, la supériorité des Suédois était trop grande pour qu'il y eût chance de succès; après un combat inégal qui eut lieu le 10 septembre, presque tous les bâtiments prussiens furent pris ou détruits. Grâce à cette victoire, le Suédois Fersen s’em-

(1) Caulincourt à Bellaisle, Pasewalk, 6 septembre 1759. Archives Guerre,

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para de la ville de Wollin avec sa garnison et devint maitre des iles de l'embouchure de l’Oder. Le 1° octobre, les Suédois étaient encore à Pasewalk où ils reçurent de Vienne une proposition de coopération avec les Autrichiens en Saxe; mais une entreprise qui eût nécessité la trav rsée du Brandebourg fut jugée (1) beaucoup trop aventureuse pour les faibles moyens dont on disposait. A cette époque, d’après les confidences de Lantinghausen, les effectifs ne dépassaient guère 10.000 hommes, l’armée manquait de fourrages et ne possédait aucun service de boulangerie. Entre temps, le général Manteuffel, remis de ses blessures de Paltzig, vint prendre la direction des dépôts de recrues et de convalescents qui constituaient le fond des forces opposées aux Suédois. Ces deruiers conservèrent leur position à Pasewalk jusqu’à la fin d’octobre sans autre incident que des escarmouches avec les hussards prussiens. L'autorité du général en chef était paralysée en attendant les décisions de la Diète qui allait se réunir à Stockhoim. « Je crois voir de jour en jour plus clairement, écrit Caulincourt (2), que l’armée suédoise ne sera plus qu’un corps mort ou mourant d’ici à la première Diète. »

Dans les premiers jours de novembre, la retraite commenca, d'abord eur Anklam, puis sur Greifswald. Le 18 novembre, grâce à l’arrivée de renforts venus de Suède, l’armée, y compris les garnisons, était remontée au chiffre de 17.000 combattants; malgré sa supériorité sur les effectifs de Manteuffel et Bevern qui lui tenaient tête, elle demeura inactive, et vers la fin de l’année se cantonna derrière la Pcene sur une ligne allant d’Anklam à Triebsees; elle y fut rejointe par les détachements qui avaient occupé les

(1) Caulincourt à Belleisle, Pasewalk, 1° et 6 octobre 1759. Archives Guerre, 3524.

(2) Caulincourt à Belleislo, Pasewalk, 26 octobre 1759. Archives Guerre, 3024,

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