‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 3)Chapitre 141 sur 303 · ARRIVÉE DE BOUGAINVILLE ET DU CONVOI · texte numérisé non relu

ARRIVÉE DE BOUGAINVILLE ET DU CONVOI

Si Bougainville n’avait pour les autorités supérieures que des avis alarmants, il était pour la population militaire et civile le précurseur des navires de ravitaillement si impatiemment attendus. « Le 12 mai à 8 heures du soir, écrit Foligny (1), arriva M. de Bougainville; son arrivée causa tant de joie que dans l'instant elle fut répandue par toute la ville. Cette nouvelle était d'autant plus intéressante an’elle annonçait une flotte, dans peu, de 17 vaisseaux venant de Bordeaux chargés de munitions de gue:: > et de bouche. Jamais joie ne fut plus générale ; elle ranime le cœur de tout un peuple qui pendant le cours d’un hiver des plus durs, avait été réduit à un quarteron de pain et une demilivre de cheval. » Bougainville repartit le soir même pour Montréal où se trouvaient le gouverneur général et le commandant des troupes. Quatre jours plus tard Montcalm entrait à Québec « aux acclamations de joie de tout le peuple. » Dès le lendemain il alla à la découverte du côté de Beauport; il n'était pas de retour à la ville quand il apprit par un courricr dépèché de Saint-Barnabé l’apparition de « 15 vaisseaux anglais par le travers du Bic, lieu dt, tant de Québec de 60 lieues. » Get avis fut confirmé par un bâtiment venant de Brest qui avait navigué dans l'estuaire du Saint-Laurent en compagnie de l’escadre anglaise sans la reconnaitre et sans avoir été inquiété par elle. Il n’y avait plus à douter, l'ennemi était à nos portes.

Quelies étaient les ressources à la disposition du gouverneur, et quelles mesures avait-il prescrites pour repousser l'invasion? Contrairement à l’opinion du général, Vaudreuil n'avait pu se résigner à l'abandon définitif de la région de l'Ohio. Pouchot, capitaine de Béarn, avait été snvoyé avec un détachement composé de troupes de France, de la marine et de Canadiens, prendre le commandement du

(1) Journal du siège de Québec, tenu par M. de Foligny, officier de marine commandant la batterie de la droite des Remparts. Archives des Colonies, Canada, 1759.

fort de Niagara à la reconstruction duquel il avait présidé en qualité d'ingénieur auxiliaire. Il avait pour instrucrions, dans le cas où il serait tranquillisé sur les mouvements de l'ennemi du côté de Chouagen (Oswego), de renforcer, avec tout ce qui ne lui serait pas indispensable, l’armée en voie d'organisation dans l'Ouest. Celle-ci formée avec les contingents des difiérents postes des pays d'En-Haui et de l'Illinois, se réunirait à Presqu'ile sur le lac Érié, sous les ordres de Ligneris et essaierait de recouvrer la région de la Belle Rivière (Ohio). Sur les rives de l'Ontario, à l'endroit où ce lac se déverse à travers un archipel d'iles dans le Saint-Laurent, le chevalier de La Corne, avec un corps mixte de 1.200 hommes, surveillait l'achèvement de la flottille qui devait remplacer les bâtiments détruits l’automne précédent par Bradstreet, lors de la capture de Frontenac.

A la défense de Carillon et du lac Champlain étaient destinés 3 bataillons de France, des piquet: des autres régiments quelques coloniaux et des miliciens avec une centaine de sauvages sous Bourlanaque; cet officier avait mission de tenir tête à Amherst le plus longtemps possible, puis de se retirer lentement devant lui en laissant une arrière-garde à Carillon chargée de ïaire sauter les ouvrages aussitôt que l'investissement semblerait menaçant. En fin de compte la petite division francaise dont l'effectif n'atteignait que 3.500 hommes devait ab:ndonner tout le territoire qui borde le lac Champlain et s° retrancher, au débouché nord du lac, dans le nouveau: fort de l'ile aux Noix dont on poussait les travaux avec activité.

Le reste des troupes françaises ou canadiennes disponibles fut affecté à la protection de Québec; elles consistaient en 5 bataillons de l’armée de terre qui, défalcation faite des détachements de Niagara et de Carillon, ne fourniraient l'un dans l’autre guère plus de #00 hommes, 1.200 hommes de la colonie, à peu près autant de matelots

Et

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