‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 3)Chapitre 15 sur 303 · OCCUPATION DE LA HESSE PAR LES FRANÇAIS · texte numérisé non relu

OCCUPATION DE LA HESSE PAR LES FRANÇAIS

Ferdinand, qui depuis le 18 mai était rentré en Westphalie, parait s'être attendu à voir son adversaire déboucher de Wesel et de Dusseldorf et ne s'être rendu compte que tardivement de la marche @es Français par Giessen ; tout au moins ne redoute-t-il pas une vigoureuse offensive de leur par’. « Le maréchal de Contades, écrit-il (1) le 29 mai, s’est éloigné du Rhin à peu piès au même moment que je m'en suis rapproché; les affaires de Franconie et mon séjour à Ziegenhayn peuvent lui avoir donné l’idée de se porter avec la plus grande partie de ses troupes sur la Lahn... Cet éloignement du maréchal du Rhin m'offre une belle occasion de tenter quelque chose sur Dusseldorf. » Mais l'artillerie lui fait défaut pour un siège même de courte durée et il devra se borner à « une diversion qui obligera peut-être le maréchal de revenir sur le Rhin. » En exécution de ce projet, le prince de Brunswick fut chargé d'une expédition contre les détachements français de la rive droite du fleuve; il culbuta les avant-pastes des villages d’Elverfeld et Niedmann en leur infligeant une perte de 200 hommes tués ou pris, parmi lesquels leur chef, le lieutenant-colonel de Montfort, et poussa une reconnaissance jusque sous les murs de Dusseldorf. Cette pointe hardie jeta l'alarme dans la ville. Sourches, qui y commandait, fait part de son émotion (2) au ministre : « Je prépare tout ici pour la défense de la place en cas de besoin. Ma plus grande inquiétude est pour les magasins prodigieux de fourrages qui sont restés ici et que l’on a placés malheureusement hors de l’enceinte des fortifications, comptant qu'ils seraient consommés avant le départ de l’armée. » Torcy, le gouverneur de Cologne, fut saisi également de panique et prévint Contades de ses prépara-

(1) Ferdinand à Holdernesse. Reike, 29 mai 1759. Record Office, Londres. (2) Sourches à Belleisle, Dusseldorf, 5 juin 1759. Archives de la Guerre,

tifs pour l'évacuation des approvisionnements et des bouches à feu de Deutz, tête de pont sur la rive droite du Rhin. Cet avis lui valut une verte semonce (1) : « Il me parait que vous comptez abandonner les retranchements de Deu!z, si l'ennemi s’y portait; mon intention n’est point du tout telle, et je ne les ai pas fait construire pour être abandonnés à l'approche de l’ennemi..…. [1 est nécessaire qu’en tout vous ne preniez rien sur vous et que vous exécutiez tout ce qui sera prescrit. » Contades, on le voit, eut le mérite de ne pas attacher trop d'importance à l’incur- «or: du prince de Brunswick et de ne pas se laisser détourner de son but par cette . iversion. Les événements lui donnèrent raison, car le mouvement des Français sur Giessen suffit pour äéterminer Ferdinand à concentrer son armée, à rappeler à lui Imhoff et à céder la Hesse à l’envakisseur. En prenant position à Buren avec le gros de ses troupes, il espérait à la fois barrer le passage de l’Ems et du Weser, couvrir ses forteresses de Munster et de Lippstadt et maintenir le contact avec Wangenheïim, affecté avec sa division à la garde de la Westphalie.

Pour arracher cette province aux confédérés, il devenait urgent de faire entrer en ligne le corps d’Armentières; aussi Contades engage-t-il (2) ce dernier à se mettre en caripagne tout en le renseignant sur ses propres projets : « Les ennemis, étonnés de la rapidité de notre marche, se rassemblent à Lippstadt et paraissent incertains du parti qu'ils vont prendre. Je vais profiter de leur étonnement. Je compte marcher avec l’armée le 14 à Stadtberg et le 15 passer les défilés pour entrer dans la plaine de Paderborn ou bien tenir ces défilés suivant les circonstances # pour être le maitre de déboucher. » Broglie doit aller de Le Cassel à Warburg oil arrivera le 15 : « Je serai obligé 2

(1) Contades à Torcy. Corbach, 11 juin 1759, Archives de la Guerre. 3517. 5 (2) Contades à Armentières. Corbach, 12 juin 1759. Archives de la Guerre, # 351". *

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