‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 3)Chapitre 16 sur 303 · FERDINAND ABANDONNE SA POSITION DE BUREN · texte numérisé non relu

FERDINAND ABANDONNE SA POSITION DE BUREN

de séjourner quelque temps au delà des défilés de Stadtberg afin de donner le temps aux munitionnaires de former leur établissement de Corbach, car il a fallu forcer tous les moyens pour nous faire vivre au delà de Stadtberg. Nous allons voir ce que ce mouvement en avant va produire sur M. le prince Ferdinand; il est vraisemblable ou qu'il se rapprochera de moi, ou qu’il se portera vers Bielefeldt, ou qu’il prendra une position à Lippstadt; ses mouvements décideront les vôtres et le siège de Munster. Je ne doute pas aussi que la marche que vous allez faire en avant ne l’embarrasse beaucoup, et peut-être le déterminera-t-elle à abandonner Munster. Quoi qu'il en soit, Monsieur, il est nécessaire que vous vous portiez à une marche en avant de Wesel, et que vous poussiez des détachements dans tout le pays afin que votre mouvement fasse plus d'effet. »

Pendant cinq jours, les deux armées restèrent en observation, les Français à Meerhof, les confédérés à Buren; il y eut des escarmouches insignifiantes où chacun s’attribua l'avantage, et des reconnaissances où les deux états-majors se rencontrèrent et où M. d'Hennevy, aide-maréchal des logis de l’armée, eut une conversation avec le duc de Richmond. Dans le camp français, on fut fixé le 17 juin sur la présence de Ferdinand par une lettre datée du matin et signée de lui, par laquelle il demandait pour deux de ses officiers malades un passeport à l'effet de faire une cure aux eaux de Giesmar. À ce moment, le maréchal prétait (1) à l'ennemi le dessein de se maintenir dans « la position de Buren qui n’est attaquable que par sa gauche, manœuvre qui rendra difficile son ravitaillement par Corbach », où il fait établir ses fours. Les Hanovriens le tirèrent d’embarras en levant leur camp le surlendemain à la pointe du jour et en se retirant sur Lippstadt. Pour expliquer ce re-

(1) Contades à Belleisle. Meerhof, 17 juin 1759. Archives de la Guerre,

cul, Ferdinand allégua (1) le double risque qu'il courrait, en séjournant trop longtemps à Buren, de perdre sa ligne de ravitaillement, ou, pour la conserver, d’être contraint d'accepter une bataille dans un poste peu propice. « Il ne me parait pas encore décidé si l'ennemi commencera par faire le siège de Lippstadt ou s’il voudra m'obliger à lui livrer combat. S'il s'attache à la ville de Lippstadt, il se povrrut que Munster fût assiégé en mème temps par le marquis d’Armentières. Comme l'ennemi est fort supérieur en troupes, je ne puis empêcher ni l’un ni l’autre. Et si je ne vois pas jour à secourir ces deux places, je crains fort que je ne sois forcé d'abandonner une partie de mes magasins, pour sauver l'autre, et de passer le Weser. »

Mais dans ce cas, quelle direction faudra-t-il prendre? Ferdinand interroge (2) le roi George à ce sujet : « Il peut arriver, Sire, que je me trouve obligé de passer le Weser; la question sera alors vers où j'aurai à me replier. Si je descends le long du Weser, je m’écarte du secours que je peux obtenir de Sa Majesté prussienne, mais si je me replie vers le Brandebourg®sois, je dois abandonner la forteresse de Stade à sa propre force. » Pour résoudre le dilemme, il sollicite des instructions précises. Le Roi lui fit répondre (3) qu'il le laissait libre d'agir selon ses vues propres et qu'il avait toute confiance en son jugement. Dans le camp hanovrien, on supposait aux Francais des effectifs qui dépassaient de beaucoup la réalité. Westphalen, le perspicace secrétaire du prince Ferdinand, partageait lui-même cette opinion (#) : «M. le duc de Broglie qu'on croit moins gascon que ses compatriotes, a dit à Cassel que l’armée

(1) Ferdinand à Holdernesse. Rittberg, 21 juin 1759. Record Office.

(2) Ferdinand à George. Rittberg, 21 juin 1759. Newcastle Papers, 32892.

(3) Holdernesse à Ferdinand, 30 juin 1759. Record Office.

(4) Westphalen à Hoenichen. Rittberg, 26 juin 1759. Newcastle Papers, : vol, 32892.

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