LES ANGLAIS SE RENFORCENT EN AMONT DE QUÉBEC
marquis de Vaudreuil vous en envoyât un ordre conditionnel s'il n'y avait rien à craindre et que tout fût bien. » Les allées et venues des bâtiments anglais (1) qui passaient devant Québec en plein jour sans se soucier des boulets et des bombes que lançait le canon de la ville, entretenaient l’hésitation dans l'entourage de Montcalm. Était-ce une feinte pour détourner l'attention de Québec et du camp de Beauport? Les Anglais avaient-ils le dessein de s'établir solidement à la pointe aux Trembles, À Deschambault, à quelque endroit situé sur le Saint-Laurent pour couper les communications de l’armée avec la base dont elle tirait ses vivres?
Bougainville qui avait la surveillance du fleuve depuis les portes de Québec jusqu'à la rivière de Jacques Cartier, était sur un qui-vive perpétuel. « Le point important, mon cher Bougainville, lui écrit Montcalm (2), est de bien suivre le mouvement des corps que vous avez par eau visà-vis de vous. Toutes les fois que vous arriverez à temps pour leur débarquement, j'en ai bonne opinion, quand même vous n'arriveriez pas avec tout votre monde, vous les contraindriez assez pour que la queue joignit. » Vaudreuil était tout aussi perplexe (3) que Montcalm sur le but des Anglais : « L’ennemi ne peut avoir que deux objets, mande-t-il à Bougainville, la diversion ou s'établir en haut; à vous dire vrai, je crois plutôt le premier, et le second ne leur réussira qu’autant qu'ils vous préviendront. » Le 10 septembre, nouvelles recommandations (#) de la part du général : «IL est toujours à craindre qu'étant une fois établi du côté du sud, si on a de fréquentes découvertes par eau, il (l'ennemi) ne vous dérobe une marche pour se porter sur Jacques Cartier ou Descham-
PRE EIRE {à