‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 3)Chapitre 156 sur 303 · GAGE INACTIF A OSWEGO · texte numérisé non relu

GAGE INACTIF A OSWEGO

ses licutenants que pour lui-mème, le brigadier Gage, qui avait pris la succession de Johnson à la tête des forces britanniques dans ces parages, ne crut pas (1) pouvoir accomplir d'autre tâche que celle de la réédification d'Oswego, et se déclara dans l'impossibilité de tenter une descente sur les bords du haut Saint-Laurent.

Revenons à Québec où nous avons laissé Montcalm victorieux dans son camp de Beauport, mais préoccupé de ses communications avec la rivière de Jacques Cartier et le haut du Canada, Wolfe à cheval sur le Saint-Laurent, désireux de revanche mais incertain sur le point d'attaque. Après le départ de Lévis, Montcalm s'installa de sa personne au village de l’Ange-Gardien pour surveiller les agissements des Anglais toujours campés de l'antre côté du Saut de Montmorency; on se livrait de part et d’autre à la fusillade habituelle. Le 19 août, le général en chef recoit avis que l'ennemi avait débarqué à quatorze lieues au-dessus de Québec, à Deschambault où on avait mis en dépôt les bagages de l’armée. Grand émoi au quartier général; Montcalm marche avec les grenadiers, mais en route il apprend que les Anglais, sur la venue de Bougainville, avaient regagné le bord après avoir incendié la maison qui servait de magasin. Pendant leur court séjour à Deschambault, les officiers de Wolfe avaient été informés par les habitants de la capitulation de Niagara et de l'évacuation de Carillon et Saint-Frédéric qu'ils ignoraient encore. Les relations entre Wolfe et Amherst étaient en effet des plus difficiles ; deux officiers envoyés par ce dernier, déguisés et escortés par quelques Indiens, étaient tombés entre les mains des Abenaquis de Saint-François et avaient été conduits au camp de Beauport.

Vers la fin d'août, l'isolement des bâtiments anglais (un vaisseau de 50 canons et 3 frégates) au-dessus de la ville,

(1) Gage à Amherst, 11 septembre 1759. Record Office.

donna l’idée à l’officier Canon de es enlever à l’abordage ; c'eût été renouveler l’exploit de la marine britannique à Louisbourg; mais le projet adopté en principe fut ajourné sous divers prétextes et dut être abandonné par suite de la montée de 5 vaisseaux qui, malgré le feu des batteries de Québec, purent rejoindre la petite escadre d'amont. Le passage d’un nouveau renfort de # navires, le 31 août, et l'évacuation du camp de Montmorency accrurent l'anxiété de l'état-major français au sujet de la partie au delà de Québec. « Enfin le camp du Sault a déblayé aujourd’hui, écrit Montcalm... (1) Si j'avais voulu croire tout le monde hier, il n’y aurait plus que 3 ou #00 hommes qu'il fallait aller charger. Ce matin il n’y avait qu’à entrer dans le retranchement; M. Wolfe nous tendait une embuscade avec 2,500 hommes qui ont descendu en bon ordre du Sault. La pièce de 14 les a salués joliment, coulé une berge et incommodé une autre, ce qui était déjà arrivé hier. Dès ce soir, la droite est renforcée de 2.000 hommes; jy passe demain et Poulhariez reste général depuis le Sault jusqu’à l'église de Beauport. Nous avons 19 bâtiments au-dessus de Québec, et Bougainville garde-côte toujours en l'air. Je m'établis de ma personne à la maison de Salaberry pour être en belle vue et à portée de tout. »

Voici le résumé que fait de la situation le général (2) quelques jours plus tard : «Il s’en faut que la campagne soit finie ici depuis le départ du Sault. Ainsi au contraire augmentation de batteries et de feu sur la ville. Une petite escadre de 20 bâtiments, 50 ou 60 berges, depuis 3 jours vis-à-vis Sillery et le Cap Rouge; Bougainville côtoyant; la ligne très longue. Hier, sur les 10 heures du soir, démonstration d'attaque, cent berges en bataille à mi-chenal. J’avoue que je vous voudrais ici et que je voulais que M. le

(1) Montcalm à Lévis. Camp du Sault, 3 septembre 1759. Collection Lévis, (2) Montcalm à Lévis, 8 septembre 1759. Collection Levis.

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