ÉTAT DE DÉVASTATION DE LA VILLE ET DE LA PROVINCE
Les églises au nombre de 10 ont été conservées, mais les fenêtres, les portes, les autels, les statues, les tabernacles, ont été brisés... De l’autre côté de la rivière au sud, il y a environ 36 lieues de pays établi qui ont été à peu près également ravagées, et qui constituaient 19 paroisses dont le plus grand nombre à été détruit. » Ce simple exposé emprunté au journal du capitaine anglais et au mandement de l’évêque canadien suffit amplement à prouver qu'en fait de cruautés exercées sur la population civile, le général Wolfe s'était montré le digne émule du gouverneur général Vaudreuil, quand il lançait ses bandes de sauvages sur les frontières des colonies anglaises.
A partir de la prise de Québec, les généraux qui succédèrent à Wolfe dans le commandement et les soldats anglais à leur exemple se conduisirent d’une façon humaine à l'égard des malheureux habitants. D'autre part, ces derniers, abreuvés de misère, s'empressèrent de rendre leurs armes et de jurer fidélité provisoire au nouveau gouvernement qui leur en sut gré; ils furent encouragés et au besoin aidés par les troupiers britanniques à rentrer ce qui restait de leurs récoltes.
Par une sorte d'accord tacite entre les armées il fut entendu qu’il n’y aurait aucun événement de guerre dans la région de Québec pendant l'automne. Le 18 octobre, la flotte de l'amiral Saunders qui avait prolongé jusqu'à cette date son séjour dans les eaux du Saint-Laurent, leva l’ancre, emportant à sun bord, avec les généraux Monckton et Townshend, une fraction du corps expélitionnaire. Après quelques hésitations, on s'était décidé à laisser une forte garnison à Québec; elle était commandée par le brigadier Murray et se composait, à l'exception des provinciaux et des grenadiers de Louisbourg, de tous les régiments qui avaient pris part à la campagne; son effectif atteignait le chiffre de 7.313 de tous rangs. De leur côté, les Français travaillaient activement au fort de Jacques-Cartier. Ce
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