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CAPITULATION DE QUÉBEC

Les Anglais ne perdirent pas de temps pour occuper Québec; dès le soir du jour où avait été signée la capitulation, le 18 septembre, le général Townshend entra à la tête d'un détachement de grenadiers et d’artilleurs dans la haute ville, tandis que des compagnies de débarquement de la flotte s’installaient dans la basse ville.

La garnison francaise déposa les armes. D’après l’état officiel (1), elle se composait de 25 officiers, 342 soldats appartenant aux bataillons de ligne, à la colonie et à l’artillerie, de 550 marins et de 942 miliciens de la ville et de la banlieue. Les réguliers et les marins furent :mbarqués pour la France, les Canadiens renvoyés dans leurs foyers.

Presque à la même heure, se présentaient près du Palais de l’Intendance deux convois de vivres, l’un chargé sur des charrettes, l’autre sur des bateaux. On n'eut que le temps de les faire rétrograder pour éviter qu'ils ne tombassent aux mains des Anglais. La cité était dans un triste état : « La destruction dépasse l'imagination, écrit Knox (2). Les maisons restées debout sont plus ou moins percées par nos boulets; quant à la ville basse, elle est tellement minée qu'il est presque impossible de circuler dans les rues. La partie qui a le moins souffert est celle des rues qui conduisent aux portes Saint-Louis, Saint-Jean et du Paln... » Les édifices religieux, fort nombreux à Québec, n'avaient pas été épargnés : « L'église cathédrale a été entièrement consumée, lit-on dans un appel (3) fait à la charité francaise. Dans le séminaire il ne reste de iogeable que la cuisine où se retire le curé de Québec avec son vicaire. L'église de la basse ville est entièrement détruite, celles des Récolcts, des Jésuites et du séminaire sont hors d'état de service sans de très grosses réparations, il n'y a que celle

(1) Newcastle Papers.

(2) Know. Historical Journal, vol. 11, p. 94.

(3) M“ de Pontbriand. Descrip‘ion imparfaite de la misère du Canada. Montréal, 5 novembre 1759, Archives des Colonies.

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des Ursulines où l'on peut faire l'office avec une certaine décence. » La ruine de tant d'immeubles rendait difficile le logement des soldats anglais : « Ils se sont emparés des maisons de la ville les moins endommagées; ils chassent même tous les jours de chez eux les bourgeois qui, à force d'argent, ont fait raccommoder quelques appartements, ou les y mettent si à l’étroit que presque tous sont obligés d'abandonner cette ville malheureuse... Les particuliers de la ville sont sans bois pour leur hivernement, sans pain, sans farine, sans viande, et ne vivent que du peu de biscuit et de lard que le soldat anglais leur vend de sa ration. »

Aux environs de Québec les paysans n'étaient pas mieux partagés. Peu de jours après l'occupation de la place, Knox enregistre le retour d’un détachement de réguliers et de rangers envoyés en expédition au bas du fleuve : « Ils ont pris beaucoup de bestiaux et de moutons, ramassé une quantité énorme d'objets pillés, ustensiles de ménage, livres et vêtements; ils ont brûlé 1.100 maisons et détruit plusieurs centaines d’acres de blé ainsi que quelques pècheries. » Dans son mandement l’évêque de Québec signale la détresse due aux ravages des Anglais ; « Toute la côte de Beaupré et l'ile d'Orléans ont été détruites avant la fin du siège; les granges, les maisons des habitants, les presbytères ont été incendiés, les bestiaux qui restaient enlevés, ceux qui avaient été transportés au-dessus de Québec ont presque tous été pris pour la subsistance de notre armée, de sorte que le pauvre habitant qui retourne sur sa terre avec sa femme et ses enfants, sera obligé de se cabaner à la façon des sauvages; leur récolte, qu'ils n’ont pu faire qu’en en donnant la moitié, sera exposée aux injures de l'air ainsi que leurs animaux. Les caches qu'on avait faites dans les bois ont été découvertes par l'ennemi, et par là l'habitant est sans hardes, sans meubles, sans charrues et sans outils pour travailler la terre et couper le bois.

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