MORT DE FERDINAND
pas pardonné aux Anglais l'humiliation qu'ils lui ‘avaient infligée pendant la guerre de Succession en l'obligeant, sous menace de bombardement, à retirer de la haute Italie les troupes napolitaines. Les rapports du marquis d'Ossun, ministre français à la ccur de Naples, étaient encourageants; il traçait (1) de ce prince auquel il était dévoué un portrait élogieux : « Il a des lumières, de la pénétration, beaucoup de justesse dans le raisonnement et dans les combinaisons. Il est instruit à fond des plus petits détails et jaloux de son autorité... S. M. Catholique parait à présent revenir aux vrais principes qui sont l'intime union des différentes branches de l'auguste maison de France. »
L'expression de ces sentiments devait être d'autant mieux accueillie à Versailles que l'on s’y demandait avec quelque inquiétude, si le mécontentement hautement manifesté contre l'Impératrice-Reine, à la suite de la rupture du mariage de l'archidue Joseph avec une princesse de Naples, ne s'étendrait pas à la personne de Louis XV, dont la petite-fille allait remplacer sa cousine comme future épouse du fils de ! 1rie-Thérèse. D'autre part, depuis quelque temps, il n’éta:s plus question d'un projet d’après lequel Don Carlos traverserait le midi de la France pour se rendre à Madrid, et profiterait du voyage pour avoir une entrevue avec le chef de la famille de Bourbon. Enfin, à s’en rapporter aux dires de la cour de Vienne, il fallait se défier de Tannucci, premier ministre de Naples, qu'on dépeignait comme hostile à l'alliance.
Si, au moment de la succession, le cabinet français conservait encore des doutes sur l'attitude du nouveau roi d'Espagne, ils s'évanouirent bientôt devant la franchise de ses déclarations, et devant l'empressement qu'il mit à activer les négociations avec l'Angleterre. Conformément aux instructions de son souverain, l’envoyé napolitain, le prince de San Severino, avait sondé le terrain en vue
(1) Ossun à Choiseul, 10 septembre 1759. Affaires Etrangères, Naples.