‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 3)Chapitre 268 sur 303 · MÉMOIRE DE KAUNITZ SUR LA SITUATION · texte numérisé non relu

MÉMOIRE DE KAUNITZ SUR LA SITUATION

avec la France, mais sous la réserve sine qui non du maintien du roi de Prusse. » Dans la première hypothèse, il conviendeait de trainer les affaires en longueur. « Dans la seconde, le Roy Très Chrétien doit naturellement être engagé pour la considération de son propre intérêt et la nature de ses engagements avec ses alliés à se refuser purement et simplement à la proposition de l'Angleterre. Et enfin s’il arrivait, ce qui néanmoins n’est nullement vraisemblable, que l'Angleterre se prêtât à conclure purement ét simplement avec la France sur le pied du projet d'articles préliminaires actuellement entre les mains du Roy Catholique », on demanderait au Roi Très Chrétien « qu’il contribuât par la voie des négociations à leur (à ses alliés) faire gagner du temps au congrès, et que sous main en même temps par tous les moyens qui pourront dépendre de Jui, il contribuât à les mettre en état de pouvoir soutenir et pousser la guerre avec la plus grande vigueur. »

Il fallut donner satisfaction aux exigences de la cour de Vienne en faisant disparaitre des conditions préliminaires l'article incriminé, d'après lequel l'Angleterre resterait libre de continuer ses subsides au roi de Prusse, concession dont Kaunitz avait signalé la contradiction avec les dispositions du dernier traité d'alliance entre la France et l'Autriche. « Le Roi, écrivait Choiseul (1), en voulant éviter tout ce qui pourrait occasionner le plus léger soupçon contre l’uniformité de ses sentiments et ceux de l’Impératrice-Reine, promet à Sa Majesté Impériale de retrancher l'article 11. » On ajoutait que « les engagements de Sa Majesté avec Sa Majesté Impériale ne seraient point affaiblis par la cessation des hostilités contre l'Angleterre »; on laissait même espérer que l'on entrerait « dans la voie d'augmentation des subsides » qui seraient portés à quinze millions (2) de livres par an, dont huit à

(1) Réponse à la note du 30 janvier, 15 février 1760. Affaires Étrangères. (2) Duc de Choiseul au Comte, 15 février 1760. Affaires Etrangères,

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