CONTADES ÉVACUE CASSEL
repassé sur la rive gauche du Weser et avait rejoint l'armée de son oncle, rejetait les avant-postes de Fischer en arrivre de Wolfshagen, le prince de Holstein débouchait de Corbach sur Naumbourg où il enlevait presque à la barbe d'Armentières le bataillon de grenadiers Narbonne qui y avait été envoyé la veille. Cet échec, dû à un manque d'entente entre les commandants de la première ligne francaise, fut suivi de la retraite d'Armentières sur Breidenbach où il opéra sa jonction avec Broglie. Ce dernier, après une reconnaissance effectuée de concert avec son collègue, fit au maréchal de Contades un rapport où il ne dissimulait pas son opinion sur la nécessité de continuer le mouvement rétrograde (1) : « Il parait urgent, Monsieur le maréchal, que vous preniez un parti; il semble qu'ils se réduisent toujours à deux, le premier de porter ici toute votre armée pour marcher sur le prince Ferdinand, s'il dépasse les débouchés qui sont ici devant moi, ou de songer à regagner promptement une position qui assure votre communication avec le Mein et à ne pas vous laisser prévenir sur Marbourg. J'ignore lequel des deux partis doit être préféré; il n'appartient qu'à vous d'en juger. Les inconvénients et les dangers du premier ne vous échapperont pas, non plus que la promptitude qu'il est nécessaire d'employer si vous vous décidez au second; je me tiendrai prêt à exécuter tout ce que vous me prescrirez; si j'étais le maitre ou que je formasse votre gauche, je vous avoue que j'aurais cru devoir faire marcher promptement le corps que je commande à Fritzlar, pour étre sûr de n'y être pas prévenu et assurer votre communication avec Marbourg; mais après ce qui a été résolu hier de garder Cassel et de prendre une position pour n'en être point séparé, je n'ai pas osé le prendre sur moi. »
!) Broglie à Contades. Breidenbach, 1 heures 1/2 du soir. Sans date, mais évidemment, 17 août, Archives de la Guerre. Allemagne, 3521.
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Un avis de ce genre, appuyé des conseils toujours pessimistes de Saint-Germain (1), suffit pour mettre fin aux hésitations de Contades. Le 18 août, le gros de l’armée sortit de Cassel et franchit l'Eder derrière lequel Broglie et Armentières recurent l'ordre de rejoindre. La marche continua jusqu’au 2# août, date à laquelle le quartier général s'installa à Gross Selheim sur les bords de la Lahn, à faible distance de la place de Marburg. Ce recul coûta aux Francais, sans compter beaucoup d’éclopés, la ville de Cassel et le fort de Ziegenhayn. Dans la première le maréchal avait dû laisser un détachement pour protéger son hôpital; la capitulation qui eut lieu le 19 fit tomber entre les mains de l'ennemi #00 hommes valides et 1.100 blessés ou malades. Le gouverneur de Ziegenhayn, prévenu trop tard, ne put rallier l’armée et se rendit le 23 avec ses 300 hommes, après avoir essuyé quelques coups de canon.
À Marburg, Contades trouva le maréchal d’Estrées qui avait été envoyé en mission spéciale pour se rendre compte de la situation des affaires, de l’état des troupes et pour, le cas échéant, en prendre le commandement. La nouvelle de la défaite de Minden avait été apportée à Versailles par deux dépèches de Contades en date des 2 et 4 août, et par une troisième que Broglie avait expédiée le 3 du même mois avec l'autorisation de son chef. Un procédé aussi con- {raire aux principes de la hiérarchie militaire avait attiré à son auteur un blâme du Roi, mais le récit de Broglie, très populaire depuis sa victoire de Bergen, n'avait pas laissé de produire un grand effet qu'étaient venues grossir les correspondances particulières de l’armée. Du rapport de Broglie «il a été fait, écrit Belleisle (2), des copies qui courent
({) Saint-Germain à Belleisle, Gross Zeilen, 24 août 1759, Archives de la Guerre. Allemagne, 3521.
(2) Belleisle à Contades, 12 août 1759. Archives de la Guerre. Allemagne,
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