COMBAT SUR LA ROUTE DE CROSSEN
leur front. » Ici se place un retour offensif auquel participèrent les hussards prussiens, et une série de combats à l'arme blanche entre eux et les dragons de Schorlemmer, d'une part, et la brigade de Jaropkin venue de la gauche, et appuyée par les cosaques de Tschugujew de l'autre. Le succès resta en définitive aux Russes. L'infanterie de Wobersnow se comporta beaucoup moins bien que la cavalerie; abimée par la mousqueterie et l'artillerie, abordée en flanc par les escadrons de Panin, elle prit la fuite; Wobersnow fut tué en essayant de la rallier.
Le désir de suivre le récit de Tettau nous a amenés à nous attacher plus particulièrement aux épisodes de la partie du champ de bataille où était posté le régiment de notre narrateur. Ce fut d’ailleurs sur ce point que la lutte fut la plus acharnée, mais pendant les assauts successifs que les fantassins de Wedell livrèrent contre la brigade Volkonsky et les renforts qui lui vinrent en aide, il y eutun engagement des plus vifs aux abords de la grande route de Crossen. Ici, le terrain plus dégarni était balayé par le feu de la grande batterie que Fermor avait fait établir ; aussi, l'attaque prussienne fut-elle plus facilement repoussée, et les régiments russes ne firent-ils pas de pertes aussi sensibles que celles de leurs camarades. Le général Stuttenheim, qui tenta avec # bataillons de tourner la batterie en passant par la plaine marécageuse, réussit à dépioyer le régiment de Bevern, mais ne put l’entrainer à l’assaut; une charge de cuirassiers dirigée contre la batterie échoua également; ils laissèrent aux mains des Russes leur colonel blessé et leurs étendards. De ce côté eut lieu l'incident raconté par Tettau : « Presque tout le deuxième bataillon de Treskow déserta dans les haies et passa du côté du régiment de Moscou, prenant un drapeau avec; ces gens étaient presque tous de la haute Silésie, sujets de l’Impératrice-Reine. »
Il était plus de 7 heures quand la bataille se termina ;
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l'aile gauche des Prussiens, qui formait plus des deux tiers de leur armée, était en pleine déroute. Seuls les 8 bataillo,.s de Kanitz et la cavalerie de la droite, dont le rôle s'était borné à des démonstrations inutiles du côté d’Eichmübhle et de Nickern sans franchir le ruisseau, avaient conservé leurs formations; ils convrirent la retraite qui se fit jusqu'au cours d’eau de Mosau et se continua le lendemain jusqu’à l'Oder. L'armée battue fut assez mollement suivie par les irréguliers de Todleben qui ramassèrent des trainards et quelques bagages.
Aux vaincus l'affaire coûta, d’après leurs états officiels, 1.428 officiers et soldats tués; #.556 blessés, 2.16% prisonaiers ou disparus, en tout 238 officiers, et 7.910 soldats; parmi les tués le général Wobersnow, au nombre des blessés Les généraux Manteuffel et Gablentz. Treize canons, 2 étendards et 2 drapeaux restèrent en possession des vainqueurs. Ces chiffres, tout au moins pour le détail, ne sont pas d'accord avec ceux des Russes, d’après lesquels ils auraient enterré sur le champ de bataille 4.220 cadavres prussiens; par contre, ils n'auraient recueilli que 1.200 blessés et enregistré seulement 1.495 prisonniers ou déserteurs. Les pertes de l’armée russe se montèrent à 900 tués (1),3.90% blessés, soit environ 5.000 de tous rangs.
En résumé, la bataille de Paltzig ou de Kay, livrée mal à propos, sans Ctude suffisante du terrain, conduite sans méthode pendant l’action, se réduisit à un engagement des plus sanglants entre 20.000 Prussiens et 26.000 Russes, où les premiers perdirent #0 0/0, les seconds 20 0/0 de leurs effectifs. Du côté des Russes, toutes les armes se distinguèrent, l'infanterie par sa solidité et sa puissance de résistance, la cavalerie par la vigueur et l'opportunité de ses charges, l'artillerie par l'intensité et la précision de son tir. Soltikoff, bien secondé par Fermor, montra du
(1) Chiffres donnés par Tettau.
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