‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 3)Chapitre 80 sur 303 · FRÉDÉRIC APPELLE A LUI LE PRINCE HENRI · texte numérisé non relu

FRÉDÉRIC APPELLE A LUI LE PRINCE HENRI

qu’à vous joindre le plus vite que vous pourrez au prince de Wurtemberg. Je vous donnerai le commandement de mon armée pendant mon absence ici, et j'irai moi-même, dès que je saurai les troupes arrivées, pour voir comment nous pourrons porter remède à cet inconvénient. Mandezmoi bien vite quand vos troupes pourront être à Sagan. » Par une dépêche du lendemain 1), il s'annonce à Wedell avec un renfort de 16 bataillons, 29 escadrons et 30 canons de gros calibre pour le 2 ou 3 août. Le même jour, survient une lettre (2\ du prince Henri qui se plaint, non sans quelque raison, des instructions simultanées et quelquefois contradictoires adressées à Finck et à lui-même. « Je me vois également blämable en suivant ses ordres et en ne les suivant pas, et sujet au reproche d'avoir manqué à les suivre, ou responsable d'un événement fâcheux qui en peut être la suite. » On voit que l'écrivain n'avait pas oublié les procédés royaux vis-à-vis du prince de Prusse à l'occasion de la retraite de Bohème en 1757. Il ajoute : « Mon projet était de rester tranquille au delà de Dresde, afin que Hadick y restât aussi pour pouvoir marcher promptement, sans que ce dernier s’en apercût, soit contre les Russes, soit contre Laudon, tandis que le général de Finck, qui devait couvrir ma marche à Marienstern, aurait amusé l'ennemi. » La conclusion est pessimiste : « Je crois que si on ne remédie pas promptement aux désordres que cause l'armée de l’Empire (3) et à secourir le prince Ferdinand (4), que les mêmes circonstances qui sont du côté des Russes seront en peu de temps dans ce pays-là. J'attends donc la réponse sur cette lettre pour savoir précisément, de quel côté vous voulez que je me tourne. »

(1) Frédérie à Wedell, Schmottseifen, 25 juillet. Correspondance politique, XVII, p. 448.

(2) Henri à Frédéric. Rothnauslilz, 13 juillet 1759. Schüning, vol. IT, p. 123.

(3) L'avant-garde des Cercles venait de lever des contributions à Halberstadt.

(4) Le prince Ferdinand était en pleine retraite devant l'armée de Contades. GUERRE DE SEPT ANS. — T. Il. 10

Dans sa réplique (1), Frédéric se montre à la fois net et affectueux : « Le principal est présentement de nous défaire des Russes... Dès que nous en serons débarrassés, nous serons toujours à même d'envoyer d’abord un corps de troupes dans le Halberstadt, s’il en est besoin. Je vous assure, mon très cher frère, que je ne vous mande pas tous les embarras que je rencontre ici... Ne me grondez pas, je vous prie, ce n’est, Dieu sait, pas ma faute; je m'en rapporte aux chiffres. Si je vous parlais une demi-heure, je vous expliquerais tout. »

Obéissant aux ordres donnés, le prince Henri parvint à Sagan dans la nuit du 28 au 29 et y rallia la division du prince de Wurtemberg ; il en repartit presque aussitôt pour le quartier général de Schmotiseifen, où il prit le commandement des troupes affectées à la garde de la Silésie. Frédéric, après une entrevue de 2 heures avec son frère (2) auquel il laissa des instructions écrites, alla le remplacer à Sagan; il n’amenait avec lui que le général Seydlitz, mais il y trouva 20 bataillons et 35 escadrons prêts à se battre contre les Russes, 20 pièces de gros calibre, et la batterie à cheval qu'il venait d'organiser. Il était encore mal renseigné sur la distribution des différents corps ennemis qui agissaient autour de lui, car dans ses lettres à Wedell (3) et au prince Henri, il parle de Hadick comme étant encore en Lusace et de Finck, comme « devant couvrir Torgau contre Hadick et les entreprises des Autrichiens. » Le 31 juillet seulement, Frédéric apprit (4) par une dépèche interceptée, que Laudon était en route

(1) Frédéric à Henri. Sehmottseifen, 25 juillet 1759. Correspondance politique, XVIII, p. 449.

(2) Katt. Journal, p. 393. Mitchell à Holdernesse. Schmottseifen, 24 juillet 1754, Mitchell Papers.

(3) Frédéric à Wedell et au prince Henri. Sagan, 30 juillet 1759. Correspondance politique, XVIII, 460, 462.

(4) Frédéric à Finck. Christianstadt, 31 juillet 1759. Correspondance politique, XVII, p. 464.

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