CHARGES HEUREUSES DE LAUDON
avait eu deux chevaux blessés sous lui et qui avait recu deux balles dans son habit, saisit un drapeau du régiment du prince Henri, de la brigade Knobloch, et demanda un dernier effort à ses troupes en s’écriant : « Que tout brave soldat me suive! » Elles étaient incapables de répondre à l'appel. Les Russes, encouragés par les résultats obtenus à la droite, et par l'abattement visible de leurs adversaires, prirent à leur tour l'offensive. Le général de Berg, avec le deuxième régiment de Moscou, celui de Kasan et un détachement de Nisow, soutenus par Villebois à la tête de Narwa et Woronesch, aborda les Prussiens en flanc, recouvra les batteries dont quelques pièces avaient été enclouées, et repoussa l’assaillant jusqu’au Kuh Grund. Ce retour offensif auquel participèrent d’autres régiments des divisions Villebois et Fermor et ce qui restait de ceux de Rumjanzew et de l'infanterie autrichienne, fut admirablement secondé par une nouvelle charge de Laudon. Ce général courut chercher les escadrons alliés qui n'avaient pas quitté la plaine de l'Oder près de la Kleine Mübhle, et sous le couvert de la fumée, de la poussière et des accidents du terrain, les mena au bas du Tiefe Weg, tomba sur les bataillons de Finck, leur tua du monde, et les forca à reculer jusqu’au Müblberg.
Ce fut sur cette hauteur quese rassemblèrent les débris prussiens; le Roi parvint à grouper quelques urités qui avaient conservé leur formation ; dans son récit, il fait une mention spéciale de la bonne attitude du régiment Lesevitz, qui avai pris part à l'attaque du Spitzhberg et qui s'était retiré sur le Mühlberg ; grâce à la résistance de ces braves et au feu de l'artillerie, une première attaque des Russes échoua; elle fut bientôt renouvelée avec le concours des régiments de la droite, que Soltikoff fit donner jusqu'au dernier. Ces troupes fraiches eurent un plein suc- <: elles emportèrent d'assaut le Mühlbeg, chassant de- «elles le flot des fuyards. Avec la position reconquise,
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les Russes rentrèrent en possession du matériel qu'ils avaient perdu vers le milieu de la journée, et rendirent la liberté à un grand nombre de prisonniers que les Prussiens n'avaient pas eu le loisir d'emmener. Parmi les derniers à quitter la colline, fut Frédéric, que le capitaine de Prittwitz et son escorte de hussards eurent quelque peine à défendre contre les cosaques accourus, selon leur coutume, pour ramasser du butin. La fin de la lutte fut marquée par un combat sur la lisière des prairies de l'Oder, où les gardes du corps du Roi, en essayant d'arrêter l'infanterie russe, furent assaillis par les dragons de Laudon et les cosaques de schugujew; its fur nt enfonces et laissèrent aux mains du vainqueur leur étendard, leur colonel blessé et beaucoup des leurs. Du côté du Seydlitzber2, il y eut aussi des rencontres : le général Betlem avec les hussards autrichiens surprit le régiment Diericke, qui avait été affecté à la protection du parc d'artillerie, et après une défense désespérée. le captura presque en entier.
IL était plus de sept heures quand se termina la bataille; l’armée battue s'enfuit dans le désordre le plus complet, les uns dans les bois, les autres vers Trettin et Bischollsee; les liens de la discipline étaient brisés; chacun ne pensait qu'à son propre salut, et ne songeait qu'à mettre le Hühner Fliess entre lui et l'ennemi. Pour comble de malheur, un des ponts se rompit sous le poids d’un canon, et il ne resta qu'un seul passage pour tout le matériel d'artilleme ; aussi une bonne partie fut-elle abandonnée, Heuremsement pour les vaineus, ils ne furent pas poussés à fond; il suffit de quelques coups de canon des batteries du Finksberg et de l'apparition des hmssards et des dragons allectés à la garde des camps, pour faire rebrousser les partis de cavalerie autrichienne qui semblaient vouloir franchir le ruisseau. D'ailleurs, la nuit tombante et la lassitude de la cavalerie régulière austro-rnsse expliquent l'absence d’une poursuite énergique. Todleben et ses irré-
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