‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 3)Chapitre 95 sur 303 · LASSITUDE GÉNÉRALE DES COMBATTANTS · texte numérisé non relu

LASSITUDE GÉNÉRALE DES COMBATTANTS

guliers, qui s'étaient employés à suivre la cavalerie prussienne, ramassérent des prisonniers et force butin, mais ils ne dépassèrent pas Franzendorf. De cette troupe qui n'avait pris qu'une faible part à l’action, on aurait pu exiger un effort plus vigoureux, mais il n’entrait pas dans les mœurs de l'époque de harceler la retraite de l'ennemi par des attaques en dehors du champ de bataille. Ni Soltikoff, ni Laudon ne paraissent avoir songé à rendre la victoire plus complète.

IL faut, du reste, reconnaitre que les alliés étaient presque aussi exténués que les Prussiens; ils étaient sous les armes depuis aussi longtemps: ils avaient souffert de la chaleur comme eux ; ils avaient été exposés au feu pendant de longues heures, et avaient lourdement perdu. Le maréchal Daun, dans son rapport (1) sur la participation à l'affaire du corps de Laudon, fait la constatation suivante : « Les trois régiments de dragons qui y étaient sont écrasés; il y en a, où il n'est point d'officier de resté qui ne soit blessé »; quant aux compagnies de grenadiers autrichiens qui avaient si héroïquement défendu le Kuh Grund, «elles étaient réduites à 10 ou 12 hommes. » Beaucoup de régiments russes n'avaient pas été mieux traités; sauf pour ceux de la division Fermor, qui ne s'étaient engagés que sur le tard, les unités étaient confondues, les caares dispersés ou anéantis; en attendant la réorganisation remise au lendemain, le besoin de repos s'imposait à tous.

Au cours de la journée, il s'était produit un incident qui, en cas de victoire de Frédéric, aurait eu de grosses conséquences. Le général prussien Wunsch, laissé, comme on l'a vu, sur la rive gauche de l'Oder avec 2 bataillons d’infanterie légère et 10 escadrons de hussards, s'empara presque sans coup férir de Francfort, y fit prisonniers quelques

(1) Daun à Deux-Ponts. Relalion de la bataille, Papiers du prince Henri. B. HE, 99. Etat-major général, Berlin.

officiers blessés et un détachement de 250 hommes qui y avait été envoyé comme sauvegarde, sur la prière des magistrats de la ville. Les Prussiens, devenus ainsi maitres | d’une des lignes de retraite de l’armée russe, barricadèrent À les ponts et résistèrent aux premiers efforts qu’on fit pour

j les débusquer; mais vers 11 heures du soir, ayant acquis la nt certitude de la défaite de leur armée, ils évacuèrent la ville et remirent en liberté la troupe de sauvegarde.

Dans l’action qui avait duré huit heures de temps, les } !) pertes de part et d’autre furent effroyables; du côté des ! Prussiens, d'après les relevés de Stiehle et de Laubert, elles se montèrent à 530 officiers et à environ 18.000 soldats (1) tués, blessés, pris ou disparus; à ce total, si l’on ajoute un certain nombre de déserteurs qui ne rejoignirent pas les camps des alliés, on trouve que la bataille de Kunersdorf coûta à l'armée royale près de 20.000 hom- | mes. Le général Puttkammer fut tué; IHzenplitz et Klitzing ) moururent de leurs blessures. Plusieurs autres généraux, Seydlitz, le prince de Wurtemberg, Wedell, Hulsen, Knobloch, Stutterheim, Itzenplitz second et Platen furent grièvement blessés; Finck fut légèrement atteint et le Roi recut une contusion. Comme trophées de leur victoire, les alliés emportèrent 26 drapeaux, 2 étendards, 172 canons, dont L 85 de gros calibre et les 6 pièces de l'artillerie à cheval, 300 tambours, plus de 10.000 fusils, et une quantité de caissons.

Chez les vainqueurs, le déficit, quoique fort élevé, fut moindre ; la perte totale des Russes, à en croire les documents les plus authentiques (2), fut de 1%.600 officiers et

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(1) Le journal d'opération de l'armée russe donne pour les Prussiens les chiffres suivants : enterrés 7.627, pris 4.794, déserteurs 2.400; si l'on ajoute à ces totaux 4 à 5.000 blessés emporlés et évacués sur Goritz ou Custrin, on retrouve le total indiqué ci-dessus.

4 (2) Les chiffres officiels que reproduit Sliehle ne comprennent pas les dis- ‘4 parus et les prisonniers que Tellau évalue à 946 hommes, appartenant presque tous au corps de Galitzin.

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