‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 4)Chapitre 106 sur 361 · SIÈGE ET PRISE DE SCHWEÏIDNITZ · texte numérisé non relu

SIÈGE ET PRISE DE SCHWEÏIDNITZ

Les Prussiens, dont les optrations étaient dirigées par le général Treskow, avec le colonel Balby comme commandant du génie, s’y établirent et profitèrent de cet avantage pour pousser une sape volante jusqu'à 150 pas du Galgenfort, ouvrage détaché du côté de la rivière de Wiestritz. Dans la nuit du 15 au 16 eut lieu l'assaut du fort; grâce à une fausse attaque qui détourna l'attention de l’ennemi, l'escalade eut un plein succès; le petit poste de Galgenfort, composé de 3 oïficiers et 153 hommes, déposa les armes. Au cours de la matinée qui suivit, le général autrichien battit la chamade; après quelques tentatives pour obtenir des conditions meilleures, il fut obligé d'accepter celles que Nadasty avait accordées en 1757 à la garnison prussienne; le 18 avril, il se rendit prisonnier avec 4.005 hommes; le reste de ses troupes était malade dans les hôpitaux (1) ou était mort pendant le blocus de l'hiver. La prise de Schweïdnitz, qui ne coûta au vainqueur que 230 tués et blessés, fit tomber aux mains des Prussiens, avec leurs propres canons recouvrés, le train d'artillerie laissé dans la forteresse par le prince Charles de Lorraine lors de sa retraite après Leuthen. Le commandant autrichien Thurheim, brave soldat, ne fit preuve d'aucune capacité ; d’uprès les autorités prussiennes, « il se serait montré (2) très ignorant des moyens de la place et aurait gaspillé sans u.ilité les munitions ». Il est difficile, en effet, d'expliquer la faible garnison et la molle défense du Galgenfort, point menacé et dont l'importance était telle, que sa perte devait entrainer la reddition de la ville. Pendant le siège, Frédéric en personne avec 30.000 hommes à Landshut, le général Fouqué avec 8.000 hommes dans le comté de Glatz, tinrent tète aux Autrichiens, qui d'ailleurs n’essayèrent pas de secourir les assiégés.

Dès le lendemain de la capitulation, le 19 avril, l'ar-

(1) Mitchell à Holdernesse, 18 avril 1758. Prussia. Record Office. (2) Yorke à Holdernesse. Landshut, {1 avril 1758. Prussia. Record Office,

mée prussienne se mit en marche vers la Moravie. C'était en effet au cœur de cette province que le Roi de Prusse allait agir, conformément à un plan combiné depuis longtemps. Vers le milieu de mars, dans les instructions envoyées au prince Henri, qu'il venait de placer à la tête des troupes de Saxe, il avait annoncé ses intentions (1) : « Voici donc mon projet de campagne : Prendre Schweïdnitz tranquillement, laisser un corps de 15.000 hommes pour couvrir les montagnes, où, au cas que quelque corps voudrait passer par la Lusace, mon détachement puisse s’y opposer, ensuite porter la guerre en Moravie. Si je marche droit à Olmütz, l'ennemi viendra pour le défendre; alors nous aurons une bataille dans un terrain dont il n’a pas le choix. Si je le bats, comme il le faut espérer, j'assiège Olmütz ; alors l'ennemi obligé de couvrir Vienne attirera toutes ses forces de ce côté-là, et Olmütz pris, votre armée sera destinée à prendre Prague et à tenir la Bohème en respect. Après quoi, que les Russes ou qui que ce soit viennent, je serai en état de détacher tant qu'il faudra. »

Depuis le jour où le Roi avait tracé ces lignes, les circonstances étaient devenues plus propices : les Français, réfugiés derrière le Rhin, étaient hors de combat pour quelque temps; les Russes qui, dès le mois de janvier, s'étaient emparés sans coup férir de la Prusse royale, n'avaient pas encore dépassé la Vistule ; leur nouveau général, Fermor, était encore à Marienverder et, au lieu de reprendre l'offensive, semblait vouloir attendre le corps de réserve qui se rassemblait en Lithuanie. Il était évident qu'avant leur entrée en scène, il serait possible de frapper un coup décisif contre l'armée de l’Impératrice-Reine.

Au cours de l'hiver, les Autrichiens, très éprouvés par leur désastreuse retraite après Leuthen, avaient beaucoup

(1) Instruction pour le prince Henri annexée à la lettre de Frédéric du 11 mars 1758. Correspondance Polilique, vol. XVI, 308.

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