‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 4)Chapitre 105 sur 361 · ÉLOGE DE FRÉDÉRIC · texte numérisé non relu

ÉLOGE DE FRÉDÉRIC

tions que l’on pose, et si on ne s’y prend pas adroitement, on court le risque de ne pas obtenir de réponse, si bien qu, dans ce milieu, la qualité d'étranger n’a rien d'agréable. Cela doit tenir à ce que tout le monde vit au régiment, sans rapports avec d'autres éléments ; on a peur d'être entrainé dans la conversation et d'être amené à dire ce qu'on devrait taire. »

Pleine d'actualité est la conclusion de l'Anglais : « En résumé, milord, la machine a été créée, existe et fonctionne, g.âce au seul génie du prince qui la surveille. Souhaitons que la Providence veille sur son existence, qui me parait de bien plus grande importance depuis que je l'ai vu à l'œuvre. Quel général eût osé nroposer les choses qu'il a faites la campagne dernière? Quel conseil de guerre les eût adoptées? La bataille de Rossbach est son œuvre; celle de Lissa l’est encore davantage. » Puis après le passé, envisageant l'avenir, Yorke se plait à énumérer les merveilleux résultats obtenus pendant l'hiver, Le Roi « avait réuni des troupes fraiches armées de fusils autrichiens, alors que tout le monde pensait qu'il ne trouverait pas la moitié des recrues dont il avait besoin. Il est entré en Moravie avec des cavaliers et des dragons qui n'avaient pas encore recu leurs tentes, et qui jusqu'à quelques jours avant mon départ n'avaient pour se mettre à l'abri que des cabanes de paille ».

Que Yorke, d'ordinaire si froid et si maître de lui, eût subi le charme que le grand capitaine savait répandre autour de lui, que Frédéric se fût employé à faire la conquètée du ministre anglais, qu'il y eût quelque exagération dans les faits présentés et dans le compte rendu qui les relate, cela est possible, mais il n’en reste pas moins acquis que le Roi avait accompli un véritable tour de force en réorganisant et en complétant l’armée formidable qi allait envahir la Moravie. Au dire de Frédé-

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ric, ies corps assemblés en Silésie atteignaient un effectif de 96.060 hommes. Mais, observe Yorke (1), en donnant ce chiifre il a ajouté : «Il ne faut pas que je mène cette campagne comme la dernière, car j'ai beaucoup de conscrits et il sera bon de les initier au feu avant d'attaquer des postes fortifiés et des camps retranchés comme je l'ai fait. » Même appréciation, cette fois personnelle, dans une lettre postérieure (2) : « L'infanterie que j'ai eu l'occasion de voir est vraiment dans un état surprenant, bien habillée et munie de tout son équipement. Il est vrai que dans les rangs i' y a beaucoup de recrues, et toute personne qui a vu l’armee l’année dernière en serait probablement plus frappée que moi; mais quand on pense à ce qu'elle a fait et anx souffrances qu’elle a endurées, on sera plutôt surpris de constater leur belle apparence. La cavalerie compte plus de vieux soldats, mais à tout prendre n'a pas l'air d'être en aussi bon état que l'infanterie. » Ce fut à Neisse, avant d'entrer en Moravie, que Frédéric ratifia la convention du 11 avril qui avait déjà reçu la signature de son oncle et qui devint ainsi définitive. Disons, pour clore l'incident relatif à Mitchell, qu'une dépêche de Holdernesse, en date du 11 mai, annula l’ordre àe rappel qui lui avait été signifié, et le confirma de nouveau dans ses fonctions auprès du roi de Prusse. Quant à Yorke, après avoir assisté au début de la campagne, il regagna son poste de La Haye où il n'avait pas été remplacé. Les hostilités conimencèrent par le siège de Schweïdnitz où les Autrichiens avaient laissé une divison de 7.000 hommes sous le général Thurheim. Les travaux d'approche, amorcés le 1° avril, furent menés bon train; les batteries ouvrirent le feu le 8 et prirent bientôt le dessus sur l’assiégé qui dut abandonner une flèche du front d'attaque.

) Yorke à Holdernesse. Freyburg, 19 avril 1758. Newcastle Papers. } Yorke à Holdernesse. Neisse, 26 avril 1758. Prussia, Record Office,

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