‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 4)Chapitre 134 sur 361 · FERMOR GAGNE KLEIN-CAMMIN · texte numérisé non relu

FERMOR GAGNE KLEIN-CAMMIN

à cette formation en carré qui leur était si familière. Pendant la journée du 26, il y eut une canonnade qui, faute

de munitions, ne dura pas longtemps, et une escarmouche

du côté de Quartschen entre les Cosaques et les hussards de

Ruesch où ces derniers eurent le dessous. Fermor &yant

proposé un armistice pour enterrer les morts et ramasser les blessés, le général Dohna lui répondit, par ordre du

Roi, que les Prussiens, étant restés maîtres du chämp de bataille, se chargeraient de ce soi.

Dans la nuit du 26 au 27 août, vers minuit, Fermor quitte son camp, emmenant avec lui ses blessés et ses équipages, Jlongea les bois, pass: au sud de Wilkersdorf et gagna Klein-Cammin où était son gros bagage. Cette marche, exécutée avec le plus grand ordre, ne fut pas inquiétée par les Prussiens, qui n’essayèrent même pas d'entamer l’arrière-garde ; elle fait honneur à Fermor et à ses soldats. Frédéric suivit son adversaire à distance et se posta en face de lui à Tamsel, la droite appuyée à la Wartha et à peu de distance de Custrin.

À la bataille de Zorndorf, les pertes de part et d’autre furent énormes; celles des Prussiens se montèrent à 3.566 tués, 6.297 blessés et 1.474 prisonniers ou disparus, soit un total de 11.337, plus de 30 p.100 de l'effectif engagé. L'infanterie, beaucoup plus éprouvée que la cavalerie, eut k0 p.100 de son personnel mis hors de combat. Vingt-six pièces de canon, 8 drapeaux et 3 étendards (1) tombèrent entre les mains des Russes. Parmi les généraux, le major général Zieten fut tué, Froideville mortellement et Kanitz grièvement atieints. Les Russes accusèrent 10.886 tués ou disparus (2) et 12.788 blessés, soit en tout 23.67% officiers et soldats, chiffre qui aurait été atténué par la rentrée,

(1) D'après Masslowski. Lex historiens prussiens donnent nour les trophées des chiffres inférieurs.

(2) D'après le Journal de Mesnager, ce chiffre aurait été grossi de manière à y comprendre une partie de l'incomplet des compagnies.

GUERRE DE SEPT ANS, —: T, Il, 18

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quelques jours après l'action, de près de 5.000 manquants. Les prisonniers faits par l’armée royale atteignirent le chiffre de 83 officiers dont 5 généraux, tous blessés, et 2.100 soldats. À en croire les rapports des Prussiens, ils auraient enlevé aux Russes 103 canons, 24 drapeaux, beaucoup de bagage et une bonne partie de leur caisse militaire. Masslowski ne mentionne que 80 canons et 11 drapeaux. Après la lecture de ces détails, on ne sera pas surpris que l'avantage ait été revendiqué par chacun des combattants et le Te Deum chanté dans les deux camps. Ni l’un ni l’autre des antagonistes ne chercha à continuer les opérations; de part et d'autre on était trop épuisé pour reprendre l'offensive. Les Russes furent les premiers à battre en retraite; le 31 août à 7 heures du soir, Fermor leva son camp de Cammin et rétrograda sur Landsberg, sans être harcelé par le Roi.

Beaucoup plus häbile que son adversaire, Frédéric, dès le lendemain de l'affaire, avait affirmé son titre de vainqueur ct avait exagéré à dessein les résultats de s1 victoire. Les dépèches à la margrave de Baiïreuth, au roi George, au ministre Finckenstein, au margrave Charles, enflent les pertes des Russes, atténuent les siennes et parlent de poursuite. Avec le prince Henri (1) le Roï est plus véridique : « La bataille du poste de Quartschen fut gagnée à 2 heures; après quoi nous avons été sur le point d’être battus totalement, et par trois succès différents, où je n'ai pas toujours trouvé tout le secours possible dans l’infanterie, je les ai battus. Je suis très content de la cavalerie. Je ne sais ni la perte de l'ennemi, ni la mienne. » D’après le récit de Catt (2), le Roi n'aurait pas dissimulé les vicissitudes de l'affaire : « Elle à été terrible cette journée,

(1) Frédéric à Henri, 25 août 1758. Correspondance Politique, vol. XVI, page 187.

(2) Cati, Entretiens avec Frédéric le Grand. Leipsick et Paris, 1885, page 161.

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