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ARRIVÉE DE FRÉDÉRIC A DRESDE

à Landshut avec une dizaine de mille hommes. Ce fut ce mouvement du margrave qui fit rentrer Laudon en Saxe. Longtemps Frédéric se trompa sur les vues des Autrichiens et leur prêta l'intention de tenter un coup de main sur sa capitale. « Le dessein de Daun, écrit-il à son frère (1), est sûrement de faire marcher Laudon à Berlin pour nous empècher de passer l'Oder, mais le général Zieten, à ce que j'espère, l'en empêchera. » Le soir de la bataille de Zorndorf, il mande (2) au margrave son projet d'aller, avec une partie de son armée, à Guben se joindre à Lieten pour couvrir la capitale. Le lendemain, il fallut en rabattre ; l’action avait été meurtrière ; il ne pourra quitter sa position actuelle (3) avant d'être complètement débarrassé des Russes; le margrave devra s'attacher aux pas de Daun et lui barrer la route du Brandebourg, en attendant qu'il (le Roi) puisse accourir en personne. Le 28 (4) même note ; l'essentiel est de s'entendre avec Zieten pour protéger le Brandebourg contre une incursion des Autrichiens et d'éviter à Berlin un deuxième affront. Le 31 août, Frédéric apprend que Daun est à Gürlitz; il invite aussitôt le margrave, qui avait déjà atteint Sprottau sur le Bober, à suspendre sa course vers le nord et à ne s'occuper que de Daun dont il devra emboiter les pas « qu'il se porte à droite ou à gauche ». Dans sa correspondance, le Roi, tout en exagérant, probablement par calcul, l'importance des pertes infligées aux Moscovites, ne dissimule pas l'impossibilité de lâcher la partie avant de les avoir forcés à la retraite. Enfin, dans la nuit du

(1) Frédéric au prince Henri. Gorgast, 22 août 1758. Correspondance Politique, vol. XVII, p. 182.

(2) Frédéric au margrave, 25 août 1758. Correspondance Polilique, vol. XVII, p. 187.

(3) Frédéric au margrave. Près de Custrin, 26 août 1758. Correspondance Politique, vol. XVII, p. 189.

(4) Frédéric au margrave. Tamsel, 28 août 1758. Correspondance Politique, voL. XVI, p. 193.

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31 août au 1° septembre, Fermor évacue son camp de Cammin, et Frédéric (1) recouvre sa liberté. Il annonce aussitôt (2) au prince Henri sa venue prochaine: « Je marche aujourd'hui à Custrin; je me joindra: au margrave Charles à Sonnenwalde, de là je marsherai, ou bien pour passer le pont à Torgau, ou bien tout droit à Meissen pour venir en dos à Daun et l’obliger à rebrousser, » 11 donne des instructions en conséquence au margrave (3) et, pour satisfaire une vieille rancune, lui enjoint de faire brûler le château du comte de Bruhl en route, Le 5 septembre, le Roi était à Lubben, le 9 à Grossenhein où il ramassait les divisions de Zieten et du margrave; le 10, il mande de Gross-Dobritz (4) à son frère qu'il dinera avec lui le lendemain à Dresde. « Veuilie le ciel que Daun passe la rivière et qu'il ait ordre de tenter quelque chose; ce serait mon salut, » L'itinéraire que nous venons de relever démontre que, si l'opération projetée par Daun était devenue scabreuse le 11 septembre, elle eût pu s'accomplir sans crainte d'interruption de la part du Roi la semaive précédente, et peut-être même le 10, date à laquelle une bonne partie des colonnes royales étaient encore fort en arrière.

Les Autrichiens conservèrent leur position de Stolpen jusqu'au 5 octobre; pendant les trois semaines qui s’écoulèrent entre l’arrivée du roi de Prusse et cette date, les deux armées s'observèrent sans en venir aux mains. Le 13 septembre, les Prussiens, après avoir contraint Laudon à évacuer Radeberg où ilétait posté depuis son retour du Brande-

(1) Frédéric à Finckenstein. Blumberg, 1" septembre 1758. Correspondance Politique, vol. XVII, p. 205.

(2) Frédéric à Henri. Blumberg, 2 septembre 1758. Correspondance Politique, vol. XVII, p. 206.

(8) Frédéric au margrave. Blumberg, 2 septembre 1758. Correspondance Politique, vol. XVIL, p. 206.

(4) Frédéric au prince Henri. Gross-Dobritz, 10 septembre 1758. Correspondance Politique, vol. XVII, p. 222.

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