LUTTE POUR LA POSSESSION DE HOCHKIRCH
dus par suite de l'obscurité, de la brume et des incidents de la mélée, cherchaient à mettre quelque ordre dans leurs unités tout en préparant l'assaut des maisons d’'Hochkirch. Une fraction importante des troupes destinées à l'attaque du village, et notamment la brigade du général Browne, s'était portée trop à gauche et, après avoir traversé le camp des hussards de Zieten, que ceux-ci venaient de quitter pour prendre part au combat, s'était avancée jusqu’à la plaine qui s'étend entre Hochkirch et Pommritz et s'était jointe à la colonne de Laudon. Le prince de Ligne (1), dont le régiment faisait partie de la brigade Browne, raconte que son « bataillon de droite entra dans le camp des grenadiers de Retzow (appartenant au centre prussien) qui moitié habillés se retiraient pour se former, y rentrer et s’y défendre et leur lua beaucoup de monde ». Du côté de la droite autrichienne, tout était tranquille. A Hochkirch même, la plus grande partie du bourg était encore aux mains des Prussiens dont deux bataillons tenaient ferme, l'un (le second du régiment margrave Charles) dans le cimetière, l’autre (le premier de Geist) dans les jardins. |
A partir de ce moment et jusqu'à 8 heures, dans les ruelles d'Hochkirch, dans les vergers qui lui servent de ceinture, et sur l'emplacement de la grande batterie, eurent lieu une succession d'engagements sanglants. Le premier parait avoir été celui où Keith trouva la mort. Le brave Écossais s'était mis à la tête du régiment Kannacker, avait ramassé quelques pelotons appartenant à d’autres corps, et laissant Hochkirch à droite, avait entrainé son monde à la conquète de la batterie; il l'emporta du premier élan, mais entouré du flot montant des Autrichiens, pris en écharpe par le feu du canon ennemi qui commençait à tirer du côté de Kuppritz, il dut reculer. Dans sa retraite, et alors qu’il cherchait à rallier ses hom-
(1) Prince de Ligne, Mélanges militaires. Campagne de 1758,
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mes, il fut frappé de 3 balles en pleine poitrine. Profitant du désordre qui suivit la mort de Keith et de l'échec de la cavalerie de Zieten qui, après des charges infructueuses, avait été se reformer sous la protection des escadrons du centre, le général Sincère lança ses régiments contre Hochkirch et s’en rendit maitre, à l'exception du cimetière que défendait encore le major de Lange avec son bataillon. La tâche n'avait pas été facile s’il faut s'en rapporter au récit de Marainville : « Ce village était couvert d'ouvrages et flanqué de battc 'ies. Un cimetière fermé de murs, une grande église et le clocher même étaient remplis d'infanterie; il en sortait un feu de mousqueterie prodigieux; il y avait sur toutes les avenues du canon qui tirait à cartouche et qu a été fort meurtrier. »
A peine l'effort de Keith avait-il été repoussé, qu'un nouveau retour offensif se produisit sous les ordres des princes Francois de Brunswick et Maurice de Dessau. Ils échouèrent tous les deux; le prince François fut tué à l'attaque de la batterie par un boulet tiré des hauteurs de Kuppritz; le prince Maurice eut d'abord plus de réussite; il reprit une partie du village, mais refoulé par des troupes fraiches qui entraient en ligne, il dut abandonner les vergers et les rues d'Hochkirch aux Impériaux. Ceux-ci le poursuivirent de près et s’emparèrent enfin du «‘metière où Lange paya de sa vie sa glorieuse résistar.c:. es bataillons du prince Maurice furent dégagés par uae vigoureuse charge de Lieten revenu à la tête de 38 escadrons, tant du centre que de la droite; les Autrichiens se replièrent en désordre, laissant 300 prisonniers aux mains des Prussiens. Mais ce succès, auquel avaient contribué surtout les cuirassiers de Schonaich et les dragons de Normann, ne fut qu'éphémère; criblée des feux de l'infanterie, prise en flanc par le général O'Donnell qui se multiplia pendant la matinée, la cavalerie de Zieten fut obligée de céder à son tour et de se réfugier à Pommritz. Maurice,
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