‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 4)Chapitre 151 sur 361 · ATTAQUE DE HOCHKIRCH · texte numérisé non relu

ATTAQUE DE HOCHKIRCH

fanterie et de cavalerie sur tout le front de l'ennemi afin de lui donner de l'inquiétude partout. »

A la surprise de Hochkirch étaient affectés #6 bataillons et 16 escadrons de carabiniers, sous les ordres directs du maréchal, qui avait pour divisionnaires les généraux Sincère et Forgacz; l'assaut du village devait être flanqué et couvert à droite par Colloredo et Weïsse qui déboucheraient de Plotzen, tandis qu'à gauche, Laudon, avec 3.000 Croates appuyés par # bataillons réguliers, et O’Donnell avec 20 escadrons, avaient pour objectif de prendre les Prussiens à dos et d'agir sur les derrières dans la direction de Drehsa. L'attaque de droite, confiée aux ducs d'Arenberg et d’Ursel, devait ètre effectuée par 20 bataillons et 32 escadrons. Enfin, le prince de Durlach conservait 27 bataillons et 25 escadrons pour tenir tète à Reczow. Y compris les troupes laissées à la garde du camp ou en réserve sur le Stromberg et au Spittelberg, l'armée autrichienne atteignait un effectif de plus de 70.000 hommes dont 14.000 cavaliers. Les Prussiens, à peu près aussi forts en cavalerie, ne pouvaient meitre en ligne que 29.000 fantassins contre les 56.000 de leur adversaire.

Daun, qui avait passé la nuit à Jauernick, donna le signal au moment où l'horloge du clocher de Hochkirch sonnait 5 heures du matin. Il faisait nuit noire, et un brouillard épais rendait les ténèbres plus intenses. Les grenadiers autrichiens, qui formaient les tètes de coicnnes, n'avaient que quelques centaines de mètres à parcourir pour se heurter aux grand'gardes prussiennes. Se faufilant à travers les taillis qui favorisaient leur approche, ils tombèrent à l’improviste sur les avant-postes, puis sur les deux bataillons de troupes légères, les chassèrent du bois où ils étaient campés, et, poursuivant leur avantage, abordèrent les # bataillons de soutien en avant du village. Les fantassins prussiens, surpris dans leur sommeil, se jetèrent sur leurs armes, et, rompus à leurs habitudes de discipline,

vinrent, à moitié habillés, prendre leurs formalions de combat. La résistance fut courte; écrasés par le nombre des assaillants, attaqués de front et en flanc, ils durent bientôt abandonner la partie et se retirer en désordre dans et derrière le village. Au cours de cette reculade, le bataillon Benkendorf, qui tenait la droite, fut chargé par les grenadir”s à cheval et perdit plus de la moitié de son effectif. Pendant le combat, les retranchements et la grosse batterie que le Roi avait fait établir devant Mochkirch furent facilement enlevés par les Autrichiens, qui avaient aussi capturé la plupart des pièces régimentaires placées, selon l'usage, sur le front de bandière ; mais il n’en fut pas de même du village pour la possession duquel une lutte acharnée allait se livrer.

Pour le premier choc, on ne s'était pour ainsi dire servi que du fusil et de l’arme blanche, mais au bout d’un quart d'heure le canon fit entendre sa voix. Au feu d’artillerie que Laudon dirigea de Meschwitz sur l’extrème droite de la position prussienne, s’ajouta bientôt celui des pièces légères des bataillons royaux que l’assaillant avait retournées contre les fuyards. Le bruit de la canonnade ne permit plus de doute sur l'importance d'une action que l’armée royale, et son chef tout le premier, accoutumés aux tirailleries des Croates, avaient considérée comme une simple « pandourade ». Frédéric, comprenant enfin l’étendue du danger, combina tous ses efforts pour secourir son aile droite et pour regagner le terrain perdu. Au fur et à mesure qu’accoururent les troupes du centre, infanterie et cavalerie, il les lança contre l'ennemi. Le régiment de Forcade fut le premier engagé; ses deux bataillons se réu-

nirent aux débris de la droite et firent un retour offensif

qui eut d'abord quelque succès, mais, bousculés par les escadrons d'O’Donnell, ils furent ramenés avec perte.

Une heure s'était à peine écoulée depuis le début de l'affaire. Les Impériaux, dont les rangs s'étaient confon-

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