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pas engagé; sur les 52 bataillons de l'attaque de gauche et du centre, 18 ne tirèrent pas un coup de fusil. Ajoutons à ce chiffre les 20 bataillons de Durlach qui se trouvèrent dans le même cas et nous constaterons que les 2/3 seulement de l'infanterie impériale, environ 38.000 hommes, combattirent contre 20.000 Prussiens.
Ainsi qu'il a été dit plus haut, la poursuite fut à peu près nulle. Daun se contenta de faire suivre les Prussiens par ses Croates et fit rentrer le gros de l’armée dans son camp de la veille. On consacra deux jours au repos et au Te Deum obligatoire et ce ne fut que le 17 octobre que les Autrichiens allèrent camper entre Belgern et Jenkwitz à peu de distance des positions royales; leur extrème droite, composée de troupes légères sous les ordres de Wehla, s'étendit jusqu’à la grande route de Bautzen à Gürlitz qu'elle était chargée de surveiller. Selon sa méthode habituelle, Daun s'employa activement à se retrancher pour le cas d’une reprise offensive par l'ennemi.
Frédéric, nous l’avons vu maintes fois au cours de cette histoire, possédait le don de ne jamais s’avouer vaincu. Subissait-il un échec, dès le lendemain il songeait, ou mieux encore, il croyait à la revanche. Cette faculté de se ressaisir que Montazet reconnaissait (1) à l’armée prussienne, il aurait dû, pour être impartial, en faire remonter le principal mérite à son chef. Le passage est à citer : « En vérité voilà une suite bien singulière d’une bataille gagnée.. Ce n'est pas que je croie que le roi de Prusse en sache sur la guerre beaucoup plus qu’un autre. Il est bien aisé d'en juger; mais il a une armée avec laquelle il peut faire fautes sur fautes parce qu'elle est toujours prête à les réparer. Voilà son fort et ce qui doit le rendre redoutable à l’Europe, car surpris à Hochkirch et battu à 8 heures du matin, ayant perdu presque toute son artillerie et aban-
(1) Montazet à Belleisle. Lobau, 30 octobre 1758. Archives de la Guerre. Allemagne. 3485.