‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 4)Chapitre 158 sur 361 · FRÉDÉRIC APPELLE A LUI LE PRINCE HENRI · texte numérisé non relu

FRÉDÉRIC APPELLE A LUI LE PRINCE HENRI

donné son camp tout tendu, son armée fait la plus belle retraite du monde et s'arrête à une lieue du champ de bataille qu’elle a perdu; elle y prend une position qui nous en impose au point que nous nous forlifions de redoutes et que nous reprenons le ton de la défensive quatre jours après nos succès... Ce n’est pas tout L'ennemi non content de cette espèce d'audace suit son projet de nous prévenir à Gürlitz; il a l’air d'oublier la bataille qu'il a perdue et ne fait aucun cas de notre supériorité. Il calcule encore moins la difficulté qu’il y a d'exécuter son entreprise, et comme s'il eût été sûr de notre inaction, il tente tout et rend par là notre victoire non seulement inutile mais même nuisible, puisque c’est elle qui nous a fait changer la position de laquelle nous n’aurions jamais dû sortir. »

En la circonstance, Montazet voyait juste; pendant que Daun ajoutait batteries et redoutes aux avantages naturels de son nouveau camp, Frédéric se préoccupait avant tout de la nécessité de secourir la Silésie et, en particulier, la place de Neiss dont le général Harsch avait commencé le siège, Son premier souci fut de reconstituer ses effectifs et son matériel : « Je suis obligé de vous parler franchement, mande-t-il au prince Henri (1), je me vois obligé de faire la marche en Silésie pour ne point voir perdre toute cette province. J'ai beaucoup de régiments découragés sur lesquels je ne saurais pas trop me fier. Je vous prie. de m'envoyer 5 ou 6 bataillons mais point de Silésiens, avec une dizaine de canons. » Après échange de dépèches entre les deux frères, il fut entendu (2) que le prince Henri rejoindrait l’armée avec 8 bataillons et du canon, laissant Itzenplitz et Finck pour tenir tête à l’armée du duc de Deux- Ponts. Le Roi terminait sa lettre par ces mots : « Ce que

1) Frédéric à Henri. Doberschutz, 15 octobre 1758. Correspondance Politique, vol. XVIL, p. 308.

(2) Frédéric à Henri. Doberschutz, 17 octobre 1758. Correspondance Politique, vol. XVIE, p. 316.

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