‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 4)Chapitre 161 sur 361 · RE ES · texte numérisé non relu

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mouvement sur Gürlitz entraina, pour Frédéric, la perte de la communication avec la Saxe, et l'abandon de Bautzen où les Autrichiens trouvèrent les blessés les plus gravement atteints qu'on n'avait pas pu enlever. Pour compléter l'historique du mois d'octobre, il convient de dire que l’armée de Deux-Ponts, affaiblie il est vrai d’une division de troupes autrichiennes que Daun avait appelée à lui, reprit son rôle passif, ne tenta rien contre les Prussiens que commandait Itzenplitz depuis le départ du prince Henri, et se contenta de monter la garde sur les ponts de l'Elbe.

Interrompons un moment notre récit pour nous rendre compte des raisons capitales qui exigeaient la présence du Roi en Silésie. Trois forteresses voisines de la frontière des États de l’Impératrice constituent la première ligne de défense de cette province; ce sont celles de Schweidnitz, Glatz et Neiss. Cette dernière, située sur la rivière du même nom, est à la fois la plus rapprochée des limites autrichiennes et la plus éloignée de Gürlitz et de la région où manœuvrait le roi de Prusse depuis son expédition contre les Russes; aussi fut-ce contre Neiss que le corps autrichien de Harsch fut utilisé. Ce général, assez faible en troupes, dut se borner d’abord à observer la garnison prussienne de 5.000 hommes sous le vétéran Treskow; puis renforcé peu à peu par Ville et par des détachements isolés, il établit autour de la place un blocus qui devint complet au commencement d’octobre. Enfin la confiance née de la victoire d'Hochkirch autorisa l'envoi sur Neiss de l'artillerie de siège, tenue jusqu'alors en réserve en Bohème. Les canons arrivés, Harsch ouvrit les tranchées dans la nuit du 28 au 29 octobre. L'ingénieur français Gribeauval qui dirigeait les opérations (1) avait, pour gagner du temps, tracé la première

(1) Gribeauval au ministre. Devant Neiss, 29 octobre 1758. Archives de la Guerre, 3485.

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