‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 4)Chapitre 162 sur 361 · FRÉDÉRIC FAIT LEVER LE SIÈGE DE NEISS · texte numérisé non relu

FRÉDÉRIC FAIT LEVER LE SIÈGE DE NEISS

parallèle à 160 toises du centre de la palissade du chemin couvert. L'avis de ce début, et peut-être quelque inquiétude sur la fermeté de Treskow, décidèrent Frédéric à courir au secours de Neiss. Parti de Gürlitz le 30 octobre à deux heures du matin, il était à Lobau le même soir; en passant le 3 novembre à Jauer, il ramassa 12 bouches à feu empruntées à la place de Schweidnitz, et il était déjà parvenu, le 7 novembre aux environs de Munsterberg, quand il apprit d’une facon positive la levée de l’investissement et la retraite des Autrichiens. « Le comte de Harsch qui est chargé du siège, écrivait Boisgelin (1), a beaucoup d'intelligence dans cette partie, mais c'est un si grand trembleur que le roi de Prusse avec une petite armée l’étonnera beaucoup. » Dans l'espèce, Harsch ne méritait pas celte appréciation sévère; il ne fit qu'obéir aux ordres de Daun (2) qui lui enjoignaient « de mettre en sûreté l'artillerie mais de garder la tranchée jusqu’à ce que le roi de Prusse fût à deux marches ». À en croire Choiseul qui devait ètre bien renseigné, la tentative contre Neiïss n'aurait été qu'une feinte pour attirer les Prussiens en Silésie et permettre à Daun de conquérir la Saxe. Quel que fût le but réel de l'entreprise, l'évacuation des parallèles fut si mal conduite que la garnison put entamer l’arrière-garde des assiégeants et lui enlever 800 prisonniers, sans compter les projectiles et munitions qu'il ne put emporter. Entre temps, Fouqué ayant expulsé les Impériaux de la Haute-Silésie, la province fut complètement délivrée; le Roi recouvra sa liberté et put songer à rejoindre ses lieutenants Dohna et Wedell qu'il avait envoyés en Saxe.

C'était en effet du côté de l'Électorat que venait la menace. Daun qui avait déjà expédié à Harsch, par la voie de

(1) Boisgelin à Belleisle. Gieshubel, 28 octobre 1758. Archives dela Guerre, (2) Choiseul à Contades, 9 novembre 1758. Archives de la Guerre, 3486.

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Bohème, un secours d’une dizaine de mille hommes sous le général Wied, ne suivit pas en personne le roi de Prusse et confia à Laudon et à Wehla le soin de le harceler dans sa marche. Le maréchal s'était en effet décidé à recommencer contre Dresde l'opération qu'il n'avait pu accomplir au mois de septembre, et il tenait à ce qu'on lui sût gré de cette résolution. « Entre nous, sans que cela passe, écrit-il à Montazet encore alité à Lobau (1),... je compte, si l’ennemi poursuit sa marche vers Neiss, préférer la tentative et mème plus, pour délivrer la Saxe, à tout ce qui peut regarder nos intérêts pa: rapport à cette place, sachant que ma cour a plus à cœur le bien de la cause commune que ses progrès. » On peut se demander pourquoi de si bonnes dispositions ne furent pas exécutées avec plus de célérité et pourquoi le départ pour la Saxe n'eut lieu que quatre jours après celui de Frédéric pour la Silésie. En trois étapes, les Autrichiens gagnèrent l'Elbe qu'ils franchirent à Pillnitz entre Dresde et Pirna; le quartier général s'installa à Lockewitz sur la rive gauche. De son côté, l'armée des Cercles, dont les mouvements étaient concertés avec ceux de Daun, s'était étendue sur la gauche vers Freyberg, où le duc de Deux-Ponts s'établit, ne laissant qu'un détachement pour garder les ponts et maintenir les communications avec le maréchal. Cette manœuvre excentrique avait pour but de détourner l'attention des Prussiens et de leur faire croire (2) qu’on allait reprendre les quartiers d'hiver; conformément au plan combiné, Hadick occupa Nossen, sur la Mulda, et poussa une avantgarde sur Meissen.

Pour résister aux Autrichiens et à leurs alliés des Cercles, il ne restait en Saxe, en dehors de la garnison de Dresde et des dépôts de Leipzig et Torgau, que les 18 bataillons

(1) Daun à Montazet, 30 octobre 1758. Archives de la Guerre, 3485.

(2) Boisgelin au Ministre. Hernisdorf, 4 novembre 1758. Archives de la Guerre, 3486.

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