DESCRIPTION DE LOUISBOURG
pièces de batteries et étaient, par conséquent, armés en guerre, On était loin, comme on le voit, du chiffre prévu par le Ministre pour les forces navales. La division de Duchaffault et le vaisseau le Bizarre, après avoir débarqué au port Dauphin (1) le bataillon de Cambis, avaient fait voile pour Québec; 3 autres vaisseaux avaient regagné les ports de France ou s'étaient réfugiés en Espagne; le quatrième, le Raisonnable, avait été capturé par les Anglais après une résistance des plus honorables où son capitaine, le prince de Rohan Montbazon, se distingua par sa belle conduite. En résumé, il resta à la disposition du gouverneur près de 3.000 matelots composant les équipages de l’escadre, dont le marquis des Gouttes prit le commandement.
Examinons maintenant la forteresse qu'il s'agissait de défendre. Le port, grand bassin d’une lieue de longueur, d'une profondeur variant de 6 à 10 brasses, pouvait recevoir une flotte considérable, comme l'avait démontré le séjour de l'amiral Dubois de Lamotte en 1757; par malheur, dominé par des hauteurs que ne couronnaient aucuns forts, il était ouvert à l'attaque d'un ennemi qui aurait effectué son logement dans l’île. Le port de Louisbourg communique avec la mer par un goulet large de 350 toises qui s'ouvre entre deux promontoires. Sur le premier, appelé la Pointe à Rosse, s'élevait du côté du large un phare, ou, pour employer le langage du temps, une lanterne flanquée d’une batterie de 3 canons qui fut abandonnée dès le commencement du siège. A l'ouest, de l'autre côté de la passe, la presqu'île, sur laquelle était située la ville, se prolonge par des rochers et par des ilots à fleur d’eau; sur l’un de ceux-ci existait un ouvrage muni de canons en barbette, dont les uns regardaient la mer, dont les autres balayaient le port et le che-
(1) Port de l'ile à quelque distance de Louisbourg. GUERRE DE SEPT ANS. — T. II. 22