‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 4)Chapitre 169 sur 361 · RENFORTS ENVOYÉS A LOUISBOURG · texte numérisé non relu

RENFORTS ENVOYÉS A LOUISBOURG

de leurs canons démontés, et chargés de vivres, de munitions et de renforts. Les premiers départs ne parvinrent pas à destination. De deux vaisseaux qui firent voile en mass, le premier dut regagner Brest avec des avaries; l'autre, le Magnifique, après avoir reconnu la côte de l'île, ne put se frayer une route à travers la banquise de glace qui entourait la terre, et chassé par la tempête, dut relâcher (1) à la Corogne. Dans une seule nuit, il avait eu 12 hommes morts de froid. Les matelots recrutés parmi des convalescents à peine sortis des hôpitaux, perdirent 130 des leurs pendant la traversée. Le Prudent, qui battait le pavillon du chef d’escadre des Gouttes, fut plus heureux: il arriva à Louisbourg vers la fin d'avril, mais dans quel étt! « Je serai fort embarrassé, écrit (2) le commandant, pour me former un équipage, ne comptant presque pas sur le mien dont j'ai perdu 150 hommes, et en ai plus de 300 à mon hôpital à terre, qui n'ont pour faire du bouillon que du bœuf salé. » Le 28 avril, on signala la division de Beaussier (3), forte de # vaisseaux dont 3 en flûte et une frégate; elle avait à bord un bataillon de volontaires étrangers. Ces secours n'étaient pas les seuls. Dans une dépêche apportée par Beaussier, Le Ministre (4) énumérait les bâtiments de guerre partis ou en partance pour la colonie : « Tous ces vaisseaux étant arrivés à l'Ile Royale, comme je l'espère, y fourniront une escadre de 9 vaisseaux qui sera portée à 12 après l'arrivée de la division de Rochefort avec le 2° bataillon du régiment de Cambis. Elle sera précédée d'un envoi

(1) Rapport de la Villécn, commandant le Magnifique. Archives de la Marine.

(2) Des Gouttes au Ministre, à bord du Prudent, 6 mai 1758. Archives de

la Marine.

(3) Beaussier était parti de Brest, le 4 avril. (4) Moras à Drucour et Prevost, 11 mars 1758. Archives des Colonies. Ile

Royale.

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considérable composé du vaisseau l’Apollon et de cinq frégates chargées d'effets et de 15.000 tonneaux de farine, » Le ministre ajoutait de sa main quelques mots d'exhortation : « Je ne saurais trop vous recommander, Monsieur, de bien réfléchir sur l'importance de la colonie dont la défense est confiée à M. de Drucour. C'est de l'événement de cette campagne que dépend principalement celui de la guerre. Les ennemis ne négligeront rien pour en faire la conquête, mais vous devez être plus qu'en état de rendre leurs tentatives vaines et de les repousser avec gloire pour la France. »

Pour commander les troupes de terre dont l'effectif allait être doublé, le Roi désigna le brigadier La Houillère (1) qui parvint à destinarion le 30 mai. Il n'en fut pas | de même de M. de Blenac, à qui le gouvernement avait | remis un peu tard la direction générale de la colonie et des forces de terre et de mer; embarqué sur le vaisseau le Formidable, il partit de Brest le 11 mai, trouva l'Ile Royale bloquée par l'ennemi, et revint à Brest le 1 27 juin, « fort heureux d’avoir pu, ramener à bon port le vaisseau qui m'était confié ». De ce fait, le gouverneur Drucour resta chef suprême. En définitive, grâce à l’arrivée d'une dernière escadre, sous les ordres de M. Duchaffault, et de quelques frégates et bâtiments de commerce, la place se trouva largement munie de vivres et de munitions; la garnison, à peine suffisante pour l'étendue des

ouvrages, était forte des deux bataillons, d'Artois et de

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| Bourgogne, venus de France en 1755, de deux "tres ba- Hi | taillons, dont le dernier ne rejoignit qu'après la descente | ) . . ,

À, des Anglais, de 24 compagnies de la Marine et de 2 com-

pagnies d'artillerie, soit en tout environ 3.000 réguliers et #00 miliciens. Ces troupes étaient appuyées de 6 vaisseaux de ligne et de 7 frégates qui avaient remonté leurs

(1) Ordre du Roi, 31 mars 1758. Archives des Colonies. Ile Royale,

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