‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 4)Chapitre 172 sur 361 · MAUVAIS ÉTAT DES FORTIFICATIONS · texte numérisé non relu

MAUVAIS ÉTAT DES FORTIFICATIONS

leur profil par la côte de Martissans qui en est environ à 350 toises et qui voit dans tout l'intérieur de la place. Quoique la hauteur de la Justice ait été écrettée de sept pieds, elle domine encore le front de la fortification vers l'ouest. » Le demi-bastion Dauphin, le plus rapproché qu port, se prolongeait de ce côté par une tenaille où était pratiquée la porte Dauphine, seule voie de sortie de la ville à la campagne environnante. À la suite de la tenaille et faisant saillie sur le port, un éperon armé de trois pièces; dans l'intérieur du demi-bastion, un cavalier construit par les Anglais pendant leur occupation et percé de sept embrasures. De tout le front de terre, seul, le flanc droit du bastion du Roï avait été réédifié solidement en 1755. Presque tout le reste était dans un état de ruine dont La Houillère donne l'exemple suivant : « IL v avait une brèche de 7 à 8 toises à la face gauche du bastion du Roi, qui avait été réparée en fascines l'année précédente et qui s'était éboulée pendant l'hiver: elle n’a été relevée que depuis que nous avons été renfermés, » Ajoutons, pour compléter notre description, que les casemates, seule partie de l'enceinte à l'épreuve du feu, étaient dans cet ouvrage.

Cependant, le mauvais entretien de la forteresse avait été signalé à maintes reprises et était parfaitement connu en France. Dès la réoccupation de l'ile Royale, après la paix d’Aix-la-Chapelle, le gouvernement avait songé à restaurer et à améliorer les fortifications d'une ville qui passait, à juste titre, pour être la clef des communications avec le Canada. L'ingénieur Franquet y fut envoyé en 1750 pour étudier sur place les mesures à prendre et pour dresser les projets. Quatre années s'écoulèrent en discussions stériles: une proposition de garnir le front de terre de demi-lunes, de protéger les bastions par des contre-gardes et d établir des redoutes au cap Noir et sur les hauteurs de la Iustiee et du Four à Chaux, en avant de la

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porte Dauphine, fut repoussée à Paris comme trop coûteuse, et l’on se contenta de demi-mesures et de la réparation des parties défectueuses. IL avait été reconnu que (1) « les épaisseurs des remparts, banquettes et parapets, avaient été tenues trop faibles dans leurs constructions et que les revêtements tombaient tous les jours en ruine, soit par la mauvaise qualité des matériaux ou par l'influence du climat ». Les travaux ne commencèrent qu’en 1754, sous la surveillance de Franquet qui, après un séjour en France, était retourné dans la colonie; ils furent entravés par l'humidité persistante, la durée de la mauvaise saison, le défaut de bras et surtout le manque de crédits nécessaires. Dans les quatre campagnes de 175% à 1757, on n'obtint que des résultats tout à fait insuffisants : Le bastion du Dauphin reçut une restauration provisoire, le flanc du bastion du Roi fut solidement réparé; on construisit une lunette en terre entre ce bastion et celui du Dauphin; les chemins couverts et les palissades furent mis en état, les fossés déblayés et on jeta Les fondations d'une demi-lune projetée entre le bastion de la Reine et Le demi-bastion de la Princesse. En dehors de la ville, les hauteurs du Cap Noir, &e la Justice et du Four à Chaux, qui dominaient le front de terre, avaient été dérasés de 7 à 9 pieds. Mais il restait encore beaucoup à faire. Voici, d'ailleurs, la description que fait La Houillère de la forteresse au début du siège : « Nui ouvrage extérieur, un chemin couvert de mille toises environ de pourtour, un développement trop étendu par conséquent pour la garnison que nous avons; ce chemin vu et enfilé, dans la majeure partie, des hauteurs voisines est cependant notre meilleure défense. La che-

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